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25/04/2017 03:46 EDT | Actualisé 25/04/2017 04:00 EDT

Inde/attaque: les maoïstes ont utilisé des boucliers humains, selon un survivant

Les rebelles maoïstes qui ont tué lundi 25 policiers dans une embuscade dans le centre de l'Inde ont eu recours à des villageois locaux comme boucliers humains, a affirmé mardi un survivant.

Selon Sher Mohammed, un paramilitaire blessé dans la fusillade survenue dans le district de Sukma dans l'Etat pauvre du Chhattisgarh, 300 combattants maoïstes - appelés "naxalites" - ont attaqué les troupes alors qu'elles assuraient la protection du chantier de construction d'une route.

"Les naxalites ont d'abord envoyé des villageois pour repérer nos positions. Ensuite nous avons vu 100-150 villageois s'approcher de nous. Ils n'étaient pas armés. Comment pouvions-nous leur tirer dessus ?", a-t-il dit à la presse sur son lit d'hôpital.

"Il y avait probablement 300 naxalites, tous dans un uniforme noir. Ils ont commencé à nous tirer dessus. Ils avaient des lance-roquettes, des Kalachnikovs", a-t-il témoigné.

Partie d'une révolte paysanne dans un village du Bengale occidental en 1967, une guérilla maoïste, désormais repliée dans un "corridor rouge" de forêts du centre de l'Inde, combat New Delhi et les autorités locales par les armes depuis un demi-siècle.

La rébellion puise son énergie dans la colère des populations oubliées ou aliénées par le développement.

Si le gouvernement indien a qualifié cette attaque d'"acte de désespoir" des maoïstes, les experts s'interrogent sur un raté des services de renseignement. La semaine dernière, une embuscade dans la même zone avait coûté la vie à douze policiers.

"Comment se fait-il que le mouvement de 300 personnes lourdement armées dans une dense zone forestière soit passé inaperçu ? Que font (les) informateurs ?", s'interroge Ajit Kumar Singh, de l'Institute of Conflict Management à Delhi.

Depuis son élection en 2014, le Premier ministre Narendra Modi essaye d'éteindre l'insurrection en allouant davantage de fonds pour le développement des zones touchées ainsi qu'en améliorant la gestion politique de ces régions, gangrenées par la corruption.

Le mouvement maoïste est considérablement affaibli par ces initiatives, selon M. Singh. "Ils se sentent acculés", a-t-il déclaré.

Depuis 1980, plus de 15.000 personnes ont perdu la vie dans ce conflit, selon des chiffres du gouvernement indien.

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