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25/04/2017 03:58 EDT | Actualisé 25/04/2017 04:20 EDT

Hongrie: Orban s'exprimera mercredi devant le Parlement européen

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban s'exprimera mercredi devant les eurodéputés à Bruxelles lors d'un débat sur la situation en Hongrie, qui provoque une "inquiétude générale" des responsables européens, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

M. Orban "sera à Bruxelles pour le débat au Parlement européen" mercredi après-midi, a indiqué à l'AFP une porte-parole de la représentation permanente hongroise auprès de l'UE. Sa présence à ce débat n'était initialement pas prévue.

"Il s'exprimera devant les eurodéputés", a confirmé une porte-parole du groupe PPE (droite), principale formation au Parlement européen, dont le parti du responsable hongrois, le Fidesz, fait partie.

Peu avant le débat au Parlement, la Commission européenne a prévu de clarifier ses intentions concernant la Hongrie, notamment sur l'éventuel lancement de procédures d'infractions, pouvant mener à une saisine de la justice et à des sanctions financières quand un pays ne respecte pas le droit de l'UE.

Plusieurs lois contoversées récemment adoptées en Hongrie sont dans le viseur, comme celle autorisant la détention systématique des migrants ou encore celle sur l'éducation supérieure, considérée comme dirigée contre la réputée Université d'Europe centrale (CEU).

Parmi les autres initiatives décriées des autorités hongroises figurent un projet obligeant les ONG à déclarer tout financement "de l'étranger" de plus de 23.000 euros annuels, faute de quoi elles pourront être interdites, et un questionnaire intitulé "Stop Bruxelles" envoyé début avril à chaque foyer hongrois.

La visite du Premier ministre hongrois aura lieu la veille d'un entretien prévu à Bruxelles entre le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le milliardaire américain d'origine hongroise George Soros, l'une des bêtes noires du chef du gouvernement hongrois, qui a créé la CEU à Budapest.

La Commission s'est déjà dite "profondément préoccupée" par la loi menaçant cette université et des milliers de manifestants ont plusieurs fois contesté cette nouvelle législation dans la rue en Hongrie.

Plus largement, l'exécutif européen estime que les récentes initiatives de Budapest soulèvent "l'inquiétude générale quant à leur compatibilité avec le droit de l'UE et les valeurs communes sur lesquelles l'Union est basée".

A ce stade, il n'existe "pas de menace systémique pour l'Etat de droit en Hongrie", a estimé mi-avril le vice-président de la Commission, Frans Timmermans, écartant pour l'heure de déclencher pour Budapest une procédure comparable à celle visant déjà Varsovie et ses réformes contestées de la justice constitutionnelle polonaise.

Mais la Commission avait aussi indiqué qu'elle se prononcerait d'ici la fin avril sur le déclenchement d'autres types de démarches, plus courantes: les procédures d'infractions. Un porte-parole de l'exécutif européen a indiqué mardi que des décisions seraient annoncées mercredi.

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