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25/04/2017 18:00 EDT | Actualisé 25/04/2017 18:20 EDT

France/Présidentielle: Macron en campagne dans des fiefs de Marine Le pen

Quelques heures après avoir admis que "rien n'est gagné" pour le second tour de la présidentielle française, le candidat centriste Emmanuel Macron est mercredi en déplacement dans deux fiefs de Marine Le Pen, son adversaire d'extrême droite.

Après un début de campagne du second tour sur les chapeaux de roues, celle-ci sera par contre en retrait, en conclave avec le conseil stratégique de sa campagne, à la veille d'un grand meeting à Nice (sud-est), un des bastions de la droite, où l'ancien Premier ministre François Fillon l'avait devancée au premier tour.

Donné large vainqueur de ce second tour par tous les sondages publiés depuis dimanche soir --62% à 64% d'intentions de vote pour le candidat d'En Marche! contre 36% à 38% à la candidate du Front national--, Emmanuel Macron a pourtant reconnu que "rien n'est gagné" face à son adversaire, qui a annoncé vouloir "rassembler les patriotes (...) de droite ou de gauche".

Et le président socialiste François Hollande lui a lancé une mise en garde, estimant que le score du FN au premier tour ne devait pas être sous-estimé.

"Je pense qu'il convient d'être extrêmement sérieux et mobilisé, de penser que rien n'est fait parce qu'un vote ça se mérite, ça se conquiert, ça se justifie, ça se porte", a déclaré le chef d'Etat mardi, appelant à ce que le score de l'extrême droite soit "le plus faible possible" le 7 mai.

- 'Vision désincarnée' -

"Ce n'est pas rien que l'extrême droite soit au deuxième tour d'une élection présidentielle", a-t-il insisté. De fait, le Front national s'est hissé au second tour pour la deuxième fois de son histoire seulement, avec un score "historique" (21,30%) et un record de voix (7,7 millions).

François Hollande avait annoncé lundi qu'il voterait pour son ex-ministre de l'Economie Emmanuel Macron pour contrer "le risque" Le Pen en terme de suppression d'emplois, de pouvoir d'achat et de rupture avec l'Union européenne.

Très offensive sur le terrain depuis lundi, la candidate du Front national s'est engagée dans une délicate opération visant à séduire à la fois les électeurs du conservateur François Fillon et ceux du tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.

"Mon adversaire a une vision désincarnée de la France, il est le candidat de l'oligarchie. Je suis la candidate du peuple", a affirmé mardi soir Marine Le Pen à la télévision, estimant que "c'est la France qu'il faut choisir dans cette élection présidentielle, face à sa dilution dans une mondialisation sauvage".

"Je veux rassembler l'ensemble des patriotes, de droite ou de gauche, je ne regarde pas leur vote de premier tour", a-t-elle martelé, avant de revenir sur un de ses thèmes favoris, l'immigration: "Nous avons 7 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres, or nous faisons venir 200 000 étrangers par an".

Face à cette campagne menée tambour battant par Mme Le Pen, l'attitude de M. Macron, qui a consacré son début de semaine à des consultations en vue d'une future majorité, a été critiquée par nombre de commentateurs, jugeant qu'il donnait l'impression "d'enjamber" le second tour, comme s'il considérait sa victoire déjà acquise.

- 'Pas de leçons à recevoir' -

Face à ces remarques, et notamment celle de François Hollande, Emmanuel Macron a estimé mardi "ne pas avoir de leçons à recevoir": "Personne ne me donnait gagnant il y a un mois et demi, je suis l'exemple vivant que les pronostiqueurs ont tort", a-t-il assuré.

Après deux jours plutôt discrets, le candidat d'En Marche! a en tout cas prévu mercredi d'aller faire campagne dans deux fiefs de son adversaire: à l'usine Whirlpool d'Amiens d'abord, dans la Somme (nord-est), pour une rencontre avec les salariés d'un site menacé de délocalisation en Pologne, puis à Arras, dans le Pas-de-Calais (nord). Deux départements où Marine Le Pen est arrivée en tête dimanche.

Si M. Macron a recueilli des ralliements de tous bords depuis dimanche soir pour "faire barrage" à l'extrême droite, il n'a toujours pas obtenu celui de M. Mélenchon, qui attend la décision de ses militants.

Une certitude: il n'aura pas celui du mouvement antimariage gay, La manif pour tous, proche du candidat de droite battu François Fillon, qui a appelé officiellement appelé mardi à ne pas voter pour lui.

En attendant le débat télévisé qui les opposera le 3 mai, M. Macron et Mme Le Pen ont été vus ensemble mardi, pour l'émouvant hommage national rendu à Xavier Jugelé, ce policier de 37 ans devenu jeudi soir la 239e victime de la vague d'attentats islamistes commis en France depuis janvier 2015.

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