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25/04/2017 08:23 EDT

Coup dur à venir pour les entreprises forestières

Des centaines d'emplois sont menacés dans l'Est du Québec, alors que Washington doit annoncer aujourd'hui l'imposition d'une taxe de 20 % en moyenne sur le bois d'oeuvre canadien qui entre aux États-Unis.

Un texte de Julie Tremblay

Plusieurs entreprises attendent avec inquiétude les mesures de Washington qui pourraient les forcer à ralentir la cadence et faire des mises à pied.

Bois d'oeuvre Cédrico, qui exporte entre 60 et 70 % de sa production aux États-Unis, a dû fermer son usine de Lac-au-Saumon lors du dernier conflit du bois d'oeuvre, au début des années 2000.

Son pdg, Denis Bérubé, affirme que pour le moment, il n'a pas l'intention de faire de mises à pied parmi ses 250 employés. Il affirme cependant qu'il sera très prudent dans ses investissements puisqu'il s'attend à perdre des sommes importantes pendant ce conflit :

Quand on impose une taxe au Canada, ça fait monter le prix du bois et les scieurs américains le vendent plus cher. Pendant ce temps-là, nous, on le vend 20 % moins cher.

Denis Bérubé, pdg de Bois d'oeuvre Cédrico

Si plusieurs entreprises sont inquiètes, les producteurs de bois aussi le sont.

Le directeur général du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent, Charles-Edmond Landry, dit que les sentiments de ses 9100 membres sont aussi intenses que ceux des travailleurs en usine, car si la production de bois diminue dans les scieries, il y aura un impact direct chez les propriétaires de lots boisés.

Québec doit annoncer mardi comment il compte aider l'industrie forestière pendant cette crise. Pour l'instant, Ottawa n'a pas annoncé qu'il emboiterait le pas.

C'est inconcevable que le gouvernement canadien ne nous appuie pas là-dedans.

Charles-Edmond Landry, président du syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent

Denis Bérubé croit pour sa part que l'aide de Québec et d'Ottawa est nécessaire.

Il ajoute cependant que « ce n'est pas une procédure qui est normale que [les gouvernements] doivent financer des ventes que [les entreprises] font aux États-Unis ». Il souhaite que les États-Unis et le Canada puissent s'entendre à plus long terme.