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25/04/2017 00:42 EDT | Actualisé 25/04/2017 01:00 EDT

Chine: report du procès de l'avocat Xie Yang, suivi en Occident

Le procès de l'avocat chinois Xie Yang, éminent défenseur des droits de l'homme, a été reporté sine die mardi, après près de deux ans d'une détention qui a suscité des mises en garde inquiètes d'ONG et de l'Union européenne.

Plusieurs dizaines de soutiens de M. Xie se sont rassemblés mardi matin à l'extérieur de la Cour populaire intermédiaire de Changsha (centre) dans l'espoir d'assister au procès, a constaté un vidéaste de l'AFP.

Mais le dossier n'était pas inscrit à l'ordre du jour du tribunal ce mardi, contrairement à ce qui avait été annoncé à la femme de l'accusé, ont déclaré des partisans de Xie Yang qui ont pu pénétrer à l'intérieur du palais de justice. Aucune explication n'a été donnée pour ce report et aucune nouvelle date n'a été annoncée pour le procès.

Xie Yang avait été arrêté en juillet 2015, en même temps qu'environ 200 autres avocats et militants à travers la Chine. Comme eux, il s'était occupé d'affaires jugées sensibles, notamment en défendant des activistes ayant soutenu des manifestations à Hong Kong en faveur de la démocratie.

Me Xie avait été inculpé en décembre dernier pour "incitation à la subversion" et "non soumission à une décision de justice", selon le CHRD, une association de défense des droits de l'homme basée aux Etats-Unis.

"Nous suivons cette affaire très attentivement et nous avons envoyé notre conseiller spécialisé dans les droits de l'homme, qui se trouve en ce moment à Changsha", a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'ambassade de l'Union européenne en Chine.

Le report à la dernière minute d'audiences "sensibles" n'est pas rare en Chine, ce qui témoigne du "caractère arbitraire du système judiciaire", a observé Patrick Poon, un chercheur d'Amnesty International.

Le tribunal est censé informer la famille du prévenu trois jours auparavant en cas de changement de date, mais "il n'y a aucune conséquence" si cette règle n'est pas respectée, a-t-il noté.

Par ailleurs, Xie Yang n'a pas eu la possibilité de choisir son défenseur qui "lui a été imposé par le tribunal" et qui "servira les intérêts de la Cour et non ceux de Xie ou de ses proches", avait indiqué à l'AFP son ancien avocat, Chen Jiangang. Son nouvel avocat n'a pas répondu aux appels de l'AFP.

"Nous espérons qu'il ne sera pas déclaré coupable. Mais on sait bien qu'il est impossible d'écarter cette possibilité", se désolait un partisan de l'avocat à l'extérieur du tribunal.

Après son arrestation, Xie Yang était resté au secret pendant six mois, avant d'être transféré dans un centre de détention. Il a ensuite affirmé que la police l'avait "privé de sommeil, battu, humilié et menacé de mort", tout en lui faisant subir d'épuisants interrogatoires --des accusations qui avaient suscité la réprobation à l'étranger.

L'UE avait fait part de sa vive inquiétude sur le dossier de Xie Yang, lequel a également été mentionné dans une lettre très inhabituelle envoyée par onze pays (sept nations de l'UE, le Canada, l'Australie, le Japon et la Suisse) critiquant les conditions de détention et le traitement infligé aux prisonniers en Chine.

Depuis l'arrivée au pouvoir du président Xi Jinping fin 2012, la pression s'est renforcée sur la société civile: après avoir réprimé les défenseurs des droits de l'homme, Pékin s'est attaqué aux avocats qui les défendaient.

Six des avocats arrêtés en juillet 2015 ont été reconnus l'an dernier coupables de "subversion" et de "mise en danger de la sécurité nationale", écopant de peines d'emprisonnement allant jusqu'à sept ans, tandis que d'autres étaient libérés sous caution.

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