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24/04/2017 22:19 EDT | Actualisé 24/04/2017 22:40 EDT

Chine: l'avocat Xie Yang attend son procès sous l'oeil des Occidentaux

Des soutiens de l'avocat chinois Xie Yang, éminent défenseur des droits de l'Homme, ont attendu en vain mardi l'ouverture de son procès, après près de deux ans d'une détention qui a suscité des mises en garde inquiètes d'ONG et de l'Union européenne.

Plusieurs dizaines de soutiens de M. Xie se sont rassemblés à l'extérieur de la Cour populaire intermédiaire de Changsha (centre) dans l'espoir d'assister au procès, a constaté un vidéaste de l'AFP. Mais le dossier n'était pas inscrit à l'ordre du jour du tribunal ce mardi, contrairement à ce qui avait été annoncé à la femme de l'accusé. Aucune nouvelle date n'a été fournie.

Xie Yang avait été arrêté en juillet 2015, en même temps qu'environ 200 autres avocats et militants à travers la Chine. Comme eux, il s'était occupé d'affaires jugées sensibles, notamment en défendant des activistes ayant soutenu des manifestations à Hong Kong en faveur de la démocratie.

Me Xie avait été inculpé en décembre dernier pour "incitation à la subversion" et "non soumission à une décision de justice", selon le CHRD, une association de défense des droits de l'Homme basée aux Etats-Unis.

Pour son procès, il n'a pas eu la possibilité de choisir son défenseur qui "lui a été imposé par le tribunal" et qui "servira les intérêts de la Cour et non ceux de Xie ou de ses proches", a indiqué à l'AFP son ancien avocat, Chen Jiangang. Son nouvel avocat n'a pas répondu aux appels de l'AFP.

"Nous espérons qu'il ne sera pas déclaré coupable. Mais on sait bien qu'il est impossible d'écarter cette possibilité", se désolait un partisan de l'avocat à l'extérieur du tribunal.

Après son arrestation, Xie Yang était resté au secret pendant six mois, avant d'être transféré dans un centre de détention. Il a ensuite affirmé que la police l'avait "privé de sommeil, battu, humilié et menacé de mort", tout en lui faisant subir d'épuisants interrogatoires --des accusations qui avaient suscité la réprobation à l'étranger.

L'UE avait fait part de sa vive inquiétude sur le cas de Xie Yang, lequel a également été mentionné dans une lettre très inhabituelle envoyée par onze pays (sept nations de l'UE, le Canada, l'Australie, le Japon et la Suisse) critiquant les conditions de détention et le traitement infligé aux prisonniers en Chine.

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