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25/04/2017 08:05 EDT | Actualisé 25/04/2017 08:20 EDT

Après Macron, Marine Le Pen visite Rungis, le marché de gros de Paris

Au marché de gros parisien de Rungis, la "France qui se lève tôt" est restée partagée mardi sur les positions protectionnistes ou anti-immigration de la candidate d'extrême droite Marine Le Pen venue y faire campagne.

Haut lieu des campagnes présidentielles, le marché de Rungis et ses étals géants de fruits et légumes, de viandes, de fleurs ou de poisson, a vu successivement défiler en une semaine le centriste Emmanuel Macron et Marine Le Pen, qui vont s'affronter le 7 mai lors du second tour de la présidentielle en France.

"C'est Marine Le Pen qui vient? J'espère que je vais réussir à faire un selfie!". A 05h30, sous un léger crachin, un homme alpague la presse au sujet de celle venue rencontrer "la France qui se lève tôt, qui travaille et qui voudrait travailler": les entreprises du marché de Rungis, principalement des grossistes, emploient plus de 12.000 personnes.

La présidente du Front national, au programme axé sur le protectionnisme et la sortie de l'euro, vêtue d'une blouse blanche avec le logo de Rungis, déambule entre les carcasses de viande.

Autour d'elle s'agglutine, curieuse, la population métissée des marchands et vendeurs de gros, quelques semaines après l'occupation par une centaine de salariés clandestins réclamant leur régularisation d'un bâtiment du marché. Marine Le Pen présidente, ces employés sans-papiers seraient expulsés, c'est l'un de ses engagements de campagne.

"T'as ta carte de séjour ?", raille un homme à la blouse maculée de sang, s'adressant à un autre employé sous les néons blafards.

D'autres, au pavillon des fruits, sifflent celle qui a réuni 21,3% des voix dimanche pour accéder au second tour. "On est des travailleurs! On paie nos impôts", crie l'un d'entre eux. Un homme lançant sans arrêt "C'est une honte" est écarté par la sécurité. Une tomate vole.

D'autres espèrent voir leur "future présidente", et s'approchent, nombreux, pour obtenir "leur" selfie. L'accueil est globalement plutôt bienveillant, sans cacher des interrogations.

- 'J'y crois plus' -

Au pavillon des viandes, c'est Francis Fauchère, "président des viandes", comme il se désigne lui-même, qui accompagne la candidate avec qui il a un long échange, aussi courtois que divergeant.

Marine Le Pen souhaite imposer la viande d'origine française dans la restauration collective. "C'est un voeu pieux!", rejette M. Fauchère: "le budget à mettre dans la restauration collective ne correspond pas au prix de la viande française", plutôt portée d'après lui sur le haut de gamme.

"Quand vous regardez ce que nous, les parents, on paie pour le repas de nos enfants, on se pose la question de qui se gave au passage", rétorque la candidate, qui déroule son programme de "protectionnisme" et de "régulation", et qui s'est déjà inquiétée que les Français soient étranglés depuis des années via impôts et charges qu'elle souhaite baisser.

De toute façon, M. Fauchère, chapeau blanc sur la tête, ne votera pas: "J'y crois plus. C'est comme tous les candidats: on les voit tous les cinq ans, ils promettent tous la même chose!"

"Ils sont heureux de se montrer ici pour +la France qui se lève tôt+", une expression qui avait été popularisée par l'ancien président de droite Nicolas Sarkozy. "Ca leur permet de s'ancrer à une image avec des gens réellement courageux", commente un commerçant qui ne souhaite pas être identifié.

Une semaine auparavant, c'est l'adversaire de Marine Le Pen au second tour, le centriste Emmanuel Macron, auto-proclamé "candidat du travail", arrivé en tête du premier tour avec 24,01% des suffrages, au programme libéral et pro-européen, qui avait déambulé entre les étals. L'ancien ministre de l'Economie du président socialiste François Hollande, repositionné au centre, avait été plutôt bien accueilli même si certains affichaient leur scepticisme.

A 74 ans, Claude Garnier est désormais à la retraite, mais il vient aider son fils. "Je suis de la droite, mais bon je préfère madame Le Pen... parce que Macron non... c'est un socialiste."

Un passant approuve: "Allez, je la prends en photo! Si ca se trouve, c'est la future présidente".

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