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25/04/2017 05:17 EDT | Actualisé 25/04/2017 05:40 EDT

Afghanistan: la corruption demeure un "obstacle à la paix" (Onu)

"La corruption demeure un sérieux obstacle à la paix en Afghanistan", a estimé l'ONU qui salue dans son premier rapport sur le sujet publié mardi les efforts du gouvernement, mais souhaite que les mesures adoptées soient réellement appliquées.

Dans ce travail consacré à "La lutte contre la corruption: l'autre champ de bataille", l'Onu rappelle que ce fléau "mine la confiance de la population dans le gouvernement et entrave les efforts en faveur de la paix et de la prospérité".

La Mission d'assistance de l'ONU en Afghanistan (Manua) évoque une administration publique minée "par le népotisme, le favoritisme politique et d'autres facteurs externes d'influence sur le recrutement et les décisions".

"Le Président a ainsi récemment observé que 150 fonctionnaires d'un même ministère avaient été nommés sans aucune vérification de leurs compétences: 95% d'entre eux se sont avérés avoir des liens familiaux ou ethniques avec le ministre", relève-t-elle.

La Manua ne s'étend pas sur les forces de sécurité, minées par des promotions indues et des militaires fantômes, qui n'existent que sur le papier et dont la solde est détournée. Mais le patron de la Mission, Tadamichi Yamamoto, a souligné lors de la présentation devant la presse qu'il s'agissait d'une question primordiale.

"C'est le secteur le plus critique; des efforts sont faits mais la communauté internationale surveille ça de près et espère des progrès cette année".

Un Tribunal spécial anti-corruption installé l'automne dernier à Kaboul a prononcé ses premières peines contre des membres des forces armées, dont un général, "pour montrer qu'il jugera tout le monde" a insisté le ministre de la Justice, Abdul Basir Anwar.

L'ONU salue les plans de lutte anti-corruption lancés dans cinq ministères particulièrement exposés - Finances, Commerce et Industrie, Mines, Télécommunications et Transports.

Mais faisant écho aux critiques des ONG, le rapport appelle le gouvernement à "faire plus pour améliorer les services publics et la protection des ressources comme la terre et les mines".

La Manua dénonce notamment l'intervention de "personnes influentes, dont des ministres et des membres du Parlement, exerçant pressions et passe-droits" dans l'attribution de contrats miniers.

L'ONU souhaite une "stratégie globale" confiée à un "secrétariat indépendant": "Un plan national anti-corruption est envisagé, mais il n'a été ni développé ni appliqué" regrette-t-elle en réclamant "une mise en place plus efficace des réformes".

L'Afghanistan est classé au 169è rang du classement de l'ONG Transparency International.

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