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23/04/2017 02:11 EDT | Actualisé 23/04/2017 10:51 EDT

Macron et Le Pen qualifiés pour le second tour

Le second tour de la présidentielle en France va opposer le 7 mai le centriste pro-européen Emmanuel Macron, favori pour devenir à 39 ans le plus jeune président, et la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen, donnée largement battue.

Au terme d'une campagne à rebondissements qui a tenu les Français en haleine jusqu'au bout, le premier tour de dimanche a désigné deux candidats aux arguments "anti-système", mais avec deux visions radicalement différentes sur l'avenir de la France en Europe.

C'est la première fois depuis 1958 que la droite n'est pas qualifiée, la première fois aussi que les deux grands partis qui dominent la vie électorale depuis près d'un demi-siècle, le parti de droite Les Républicains et le Parti socialiste, sont éliminés d'une présidentielle.

"La droite K.-O", titrait en Une le quotidien conservateur Le Figaro en qualifiant le résultat d'"immense gâchis".

"On tourne clairement aujourd'hui une page de la vie politique française", a déclaré à l'AFP M. Macron, qui se présente pour la première fois à une élection, avec son mouvement "En marche", créé l'an dernier.

Cet ex-ministre de l'Economie est arrivé en tête avec plus de 23,7% des voix devant sa concurrente, 48 ans, créditée de 21,9% des voix, selon des résultats quasi-définitifs du ministère de l'Intérieur.

Après le premier tour, l'euro s'affichait en forte hausse lundi matin en Asie face au dollar et au yen.

Cauchemar des marchés, Marine Le Pen a salué "un résultat historique", avec le score le plus élevé de son parti à une élection présidentielle. Pour celle qui a mené campagne sur l'opposition entre "patriotes" et "mondialistes", le second tour permettra de choisir entre "la grande alternance" et la "dérégulation".

Des sondages publiés dimanche soir la donnent néanmoins largement battue, du fait d'un report très défavorable des voix.

L'écrasante majorité de la classe politique française, à droite comme à gauche, a appelé à "faire barrage" à l'extrême droite, qualifiée pour la deuxième fois dans l'histoire du parti Front national, créé en 1972.

Non au chaos

"Il n'y a pas d'autre choix que de voter contre l'extrême droite", qui amènerait "malheur", "division" et "chaos", a admis le candidat conservateur défait, François Fillon, arrivé en troisième position (19,9%) malgré ses efforts pour contrecarrer l'effet désastreux de ses démêlés judiciaires.

Très loin derrière, le socialiste Benoît Hamon n'a recueilli que 6,2%, "sanction historique", selon ses mots, pour le parti au pouvoir depuis cinq ans. Lui aussi a appelé à "battre le plus fortement et le plus puissamment possible le Front national".

Le président socialiste François Hollande a appelé son ancien ministre "pour le féliciter". Le chef de l'Etat, affaibli par une impopularité record, ne se représentait pas, porteur d'un bilan critiqué jusque dans son camp, notamment dans la lutte contre le chômage.

En Europe, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le gouvernement allemand d'Angela Merkel ont aussi félicité Emmanuel Macron.

Le conservateur Francois Fillon, battu dimanche au premier tour de la présidentielle française, a reconnu sa défaite et indiqué qu'il voterait pour le centriste Emmanuel Macron, qualifié pour le second tour avec la dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen, afin d'éviter "malheur et division".

"Il nous faut choisir ce qu'il y a de préférable pour notre pays. Je ne le fais pas de gaité de cœur mais l'abstention n'est pas dans mes gênes, surtout lorsqu'un parti extrémiste s'approche du pouvoir. L'extrémisme ne peut qu'apporter malheur et division à la France. Il n'y a pas d'autre choix que de voter contre l'extrême droite, je voterai donc en faveur d'Emmanuel Macron", a déclaré M. Fillon à la télévision.

Ancien banquier, M. Macron qui a démissionné en août 2016 du gouvernement pour créer son mouvement politique est favori pour devenir le plus jeune président de la République de l'Histoire de France, devant Louis-Napoléon Bonaparte (40 ans à son élection).

Il a déjà gagné un incroyable pari avec son positionnement "ni à droite ni à gauche". Inconnu il y a encore trois ans, il a mené campagne sur une ligne pro-européenne et un programme libéral, tant en économie que sur les questions de société.

"On est en train de vivre un moment historique avec enfin un candidat qui sort du bipartisme, qui va renouveler la classe politique et c'est une bonne nouvelle pour l'Europe", se réjouissait l'un de ses partisans, Quentin, 27 ans.

Discours sécuritaire

Face à lui, la candidate du Front national réédite la performance de son père Jean-Marie Le Pen en 2002 en accédant au second tour. Et semble assurée de dépasser le record historique de voix jamais enregistré par son parti.

"Ça fait des années que j'attends cela, qu'on nous crache dessus, qu'on nous traite de nazis, mais enfin les gens ont ouvert leurs yeux!" s'exclamait dimanche soir Aldric Evezard, 36 ans.

Marine Le Pen compte profiter de la vague populiste qui a porté Donald Trump à la Maison Blanche et conduit la Grande-Bretagne à voter pour la sortie de l'Union européenne. En fin de campagne, elle a durci son discours sécuritaire anti-immigration dans la foulée d'un nouvel attentat jihadiste jeudi à Paris.

Elle veut en finir avec l'euro et la libre circulation dans l'espace européen de Schengen.

Lors du premier tour tenu sur fond de menace terroriste, la participation a avoisiné les 80%, un des meilleurs niveaux depuis quarante ans, selon le ministère de l'Intérieur.

La campagne a été riche en coups de théâtre et la plupart des ténors qui occupaient la scène politique depuis des années sont tombés les uns après les autres, victime d'un syndrome de "dégagisme" selon les commentateurs.

Les débats de fond ont été éclipsés pendant des mois par les affaires.

François Fillon avait dévissé dans les sondages après la révélation fin janvier de soupçons d'emplois fictifs au Parlement au bénéfice de sa famille, suivie de son inculpation pour détournement de fonds publics. Marine Le Pen est visée par une enquête pour des soupçons d'emplois fictifs de collaborateurs de son parti au Parlement européen.

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Le président socialiste François Hollande, affaibli par une impopularité record, ne se représentait pas après cinq ans au pouvoir et un bilan critiqué jusque dans son camp, notamment dans la lutte contre le chômage.

Pari gagné

La campagne présidentielle française a été riche en coups de théâtre et la plupart des ténors qui occupaient la scène politique depuis des années sont tombés les uns après les autres. Parmi eux, l'ex-président Nicolas Sarkozy et les anciens Premiers ministres conservateur Alain Juppé et socialiste Manuel Valls.

Les débats de fond ont été éclipsés pendant des mois par les affaires touchant notamment François Fillon, exclu du deuxième tour de la présidentielle. Ce dernier avait dévissé dans les sondages après la révélation fin janvier de soupçons d'emplois fictifs au Parlement au bénéfice de sa femme et de ses enfants, suivie de son inculpation pour détournement de fonds publics.

A 39 ans, Emmanuel Macron, qui se présentait pour la première fois à une élection, a gagné son pari.

Inconnu des Français il y a encore trois ans, il a mené campagne sur une ligne pro-européenne et un programme libéral, tant en économie que sur les questions de société.

Ovni de la campagne, cet ancien conseiller de François Hollande puis ex-ministre de l'Economie (2014-2016) a construit la popularité de son mouvement "En Marche!", qui se veut "et de droite et de gauche", sur le rejet des partis traditionnels et le désir de renouvellement exprimés par les Français.

A 48 ans, Marine Le Pen, présidente du parti Front national, était donnée en tête du scrutin encore récemment par de nombreux instituts de sondage. Elle a semblé profiter de la vague populiste qui a porté Donald Trump à la Maison Blanche et conduit la Grande-Bretagne à voter pour la sortie de l'Union européenne.

Celle qui se définit comme une "patriote" veut en finir avec l'euro et la libre circulation dans l'espace européen de Schengen. Elle est visée par une enquête pour des soupçons d'emplois fictifs de collaborateurs de son parti au Parlement européen.

François Fillon, 63 ans, ex-Premier ministre (2007-2012), n'est pas dans le duo de tête. Libéral assumé porteur d'un programme de coupes budgétaires, il avait vu ces derniers mois dans ses déboires judiciaires un "scandale démocratique" et un "complot", voire l'oeuvre d'un "cabinet noir" au sommet de l'Etat décidé à lui nuire.

Autre candidat en échec alors que certains le voyaient au deuxième tour, Jean-Luc Mélenchon, 65 ans, ex-socialiste devenu l'étendard de la gauche radicale sous le slogan de la "France insoumise", était un adepte revendiqué du "parler dru et crû", populiste de gauche pour ses adversaires, défenseur du peuple contre l'oligarchie pour ses partisans.

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