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20/04/2017 17:30 EDT | Actualisé 20/04/2017 17:54 EDT

Un policier tué et deux autres blessés sur les Champs-Élysées à Paris

PARIS — Un policier a été tué et deux autres blessés par des coups de feu sur les Champs-Élysées à Paris, ont annoncé les autorités françaises, jeudi.

Une ressortissante étrangère a également été touchée, sans doute par des éclats, a indiqué le procureur de la République, François Molins.

Un porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet, a indiqué qu'une voiture s'était arrêtée à la hauteur d'un car de police où prenaient place plusieurs agents. Un homme en est sorti et a ouvert le feu «a priori à l'arme automatique».

Trois policiers ont été atteints, dont un a succombé à ses blessures.

Un des policiers a été grièvement blessé, mais «son pronostic vital n'est plus engagé», a ajouté M. Brandet, en fin de soirée.

Il a ajouté que l'assaillant avait tenté de prendre la fuite à pied avant d'être atteint par balle. Il a confirmé, lors d'un point de presse, que cet assaillant avait été tué.

«Les policiers ont été délibérément pris pour cibles», avait déclaré M. Brandet plus tôt, sur les ondes de la chaîne française BFMTV.

M. Molins a révélé que l'identité de l'assaillant «est connue et a été vérifiée». Les autorités refusent de la dévoiler en raison de l'enquête en cours. Les policiers veulent notamment déterminer si l'individu avait des complices.

Les policiers ont mené une perquisition dans une résidence de la commune de Chelles, située dans l'agglomération parisienne.

Selon un document judiciaire obtenu par l'Associated Press, l'adresse serait celle d'un dénommé Karim Cheurfi, un individu âgé de 39 ans déjà condamné par le passé. Le quotidien français Le Parisien a indiqué que ce Cheurfi avait été reconnu coupable d'avoir attaqué un agent de police en 2001.

Le procureur de la République tiendra un autre point de presse dans la journée de vendredi.

Plusieurs médias français ont annoncé que l'attaque avait été revendiquée par l'organisation djihadiste Daech (le groupe armé État islamique) sur ses organes de propagande.

Au cours d'une brève déclaration prononcée depuis la cour du palais de l'Élysée, vers 23 h 20 (heure locale), le président de la République française, François Hollande, a indiqué que la piste suivie par les enquêteurs était «d'ordre terroriste».

M. Hollande, qui s'est réuni avec le premier ministre Bernard Cazeneuve et le ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl, a tenu à rassurer ses concitoyens en annonçant une réunion du Conseil de défense, vendredi matin.

«Je réitère ici tous les engagements que j'ai pris. Tout doit être fait pour que ces policiers, gendarmes et militaires puissent exercer leur mission. Nos concitoyens sont protégés, ils doivent l'être. Ils le seront. Le principe de base, c’est la confiance, la solidarité et le soutien de la nation à l’égard des forces de sécurité», a-t-il souligné.

M. Hollande a ajouté que les autorités seront d'une «vigilance absolue lors du processus électoral».

Il a aussi rendu hommage aux victimes. «Mes pensées vont vers la famille du policier tué et les proches des policiers blessés», a-t-il déclaré. Le chef de l'État a aussi annoncé qu'un hommage national serait rendu à ce policier «qui a été lâchement assassiné».

Le ministre Fekl s'est rendu aux chevets des deux agents et de la touriste blessés.

Une imposante opération policière

La Préfecture de police de Paris a diffusé un avis par Twitter, demandant à la population d'éviter ce secteur en raison d'une «intervention de police».

Un périmètre de sécurité a été établi dans le VIIIe arrondissement. La Brigade de recherche et d'intervention (BRI) a été dépêchée sur place. Un hélicoptère de la préfecture survolait le secteur.

Le ministère de l'Intérieur a indiqué sur son compte Twitter que «des vérifications sont en cours ainsi que des opérations de déminage du véhicule de l'assaillant».

L'enquête a été confiée à la section antiterroriste de la Brigade criminelle et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a indiqué le parquet de Paris.

L'échange de tirs est survenu en milieu de soirée, vers 20 h 50 (heure locale), près d'une succursale de la chaîne Marks and Spencer, à proximité de la place de l'Étoile, où est situé l'Arc de Triomphe. Plusieurs restaurants et boutiques de cette avenue qui attire bon nombre de touristes ont fermé leurs portes. Après avoir mis les lieux en sécurité, les policiers ont évacué les gens qui s'étaient réfugiés dans les magasins ou les restaurants des Champs-Élysées.

Plusieurs témoins ont raconté, sur les chaînes françaises, qu'ils avaient cru entendre des pétards lorsque les coups de feu ont retenti.

D'autres ont fait état d'une certaine panique parmi les passants.

«Tous couraient et couraient, a dit Badi Ftaïti à l'Associated Press. Certains pleuraient. Il y avait plusieurs adolescents, peut-être plusieurs centaines.»

Cette fusillade survient alors que les Français s'apprêtent à voter à l'occasion du premier tour de l'élection présidentielle, dimanche.

Mardi, deux personnes soupçonnées «de vouloir commettre, de façon imminente, une action violente à la veille de l’élection présidentielle française» ont été arrêtées à Marseille, selon la déclaration du ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl.