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20/04/2017 12:02 EDT | Actualisé 20/04/2017 12:20 EDT

Rohani parmi six candidats retenus pour la présidentielle en Iran

Le président iranien modéré Hassan Rohani pourra briguer un second mandat lors de la présidentielle du 19 mai, sa candidature ayant été retenue par le Conseil des gardiens de la Constitution avec cinq autres, ont annoncé jeudi les médias d'Etat.

La candidature de l'ancien président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad (2005-2013) a en revanche été rejetée par ce même conseil contrôlé par les religieux conservateurs.

M. Ahmadinejad avait créé la surprise et la confusion le 12 avril en se portant candidat à l'élection présidentielle malgré l'opposition du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.

Quelque 1.636 candidats, dont 137 femmes, s'étaient inscrits pour concourir lors de cette élection.

Mais le Conseil des gardiens de la Constitution, une sorte de conseil constitutionnel contrôlé par les religieux conservateurs, n'en n'a finalement retenu que six dont celle de M. Rohani.

Parmi les candidats en lice figurent trois conservateurs: Ebrahim Raissi, un proche de Ali Khamenei, l'actuel maire de Téhéran Mohammad Bagher Ghalibaf et Mostafa Mirsalim.

Le 1er vice-président de Hassan Rohani, Es-hagh Jahanguiri, un réformateur proche de l'actuel président, a aussi été autorisé à concourir ainsi que l'ancien ministre de l'Industrie Mostafa Hashemitaba.

Comme lors des précédentes présidentielles, le Conseil n'a approuvé la candidature d'aucune des plus de 130 femmes qui s'étaient inscrites.

Le principal concurrent de M. Rohani devrait être le religieux conservateur Ebrahim Raissi, une figure montante au sein du pouvoir.

Il a servi pendant des années comme procureur à travers le pays et est toujours procureur spécial du tribunal du clergé, chargé de juger les délits des religieux.

- Début immédiat de la campagne -

Agé de 68 ans et lui-même religieux, M. Rohani, candidat pour un second mandat de quatre ans, avait été facilement élu en 2013 dès le premier tour grâce au large soutien des modérés et des réformateurs.

Il peut se targuer d'avoir conclu l'accord nucléaire historique avec les grandes puissances dont les Etats-Unis et ramené l'inflation de plus de 40% à environ 8% en moins de quatre ans.

La déception est cependant palpable dans la société sur le manque de progrès économique et un taux de chômage qui est passé de 10,5% à 12,4%. De même, les milliards de dollars d'investissements étrangers attendus ne sont pas venus.

Si M. Rohani a réussi à apporter plus de liberté sur le plan social, l'Iran compte toujours des prisonniers d'opinion dont Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, des leaders de l'opposition du temps du président Mahmoud Ahmadinejad, qui sont en résidence surveillée depuis 2011.

L'arrivée au pouvoir du président américain Donald Trump, qui a critiqué durement l'accord nucléaire et imposé de nouvelles sanctions contre l'Iran notamment à cause de son programme balistique et la situation des droits de l'Homme, a compliqué encore la tâche de M. Rohani accusé par les conservateurs d'avoir été dupé par les Occidentaux.

Le Conseil des gardiens de la Constitution a décidé que la campagne électorale pouvait commencer immédiatement alors que son coup d'envoi était initialement prévu le 28 avril.

Les six prétendants ne s'affronteront pas en direct à la télévision durant la campagne, a annoncé le ministère de l'Intérieur.

Bien que les débats en direct aient été très suivis au cours des deux dernières élections présidentielles en 2009 et 2013, la commission de surveillance du scrutin a préféré opter pour des débats pré-enregistrés.

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