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20/04/2017 00:57 EDT | Actualisé 20/04/2017 01:20 EDT

Retour par "milliers" de réfugiés afghans du Pakistan (ONG)

Les retours de réfugiés afghans en situation irrégulière du Pakistan s'accélèrent depuis début avril, atteignant le rythme d'un millier par jour, sans aucun soutien pour se réinstaller, s'inquiète jeudi le NRC, importante organisation norvégienne de soutien aux réfugiés.

"Etant donné que ces gens n'ont pas été formellement enregistrés comme réfugiés au Pakistan, ils n'ont pas accès aux mêmes aides que les réfugiés dûment enregistrés quand ils rentrent en Afghanistan", explique le Conseil norvégien des réfugiés (NRC) dans un communiqué.

Le Pakistan a commencé l'an dernier à forcer les réfugiés afghans au retour dans des conditions parfois brutales, alors que leur pays d'origine est incapable de leur assurer abri et protection.

En 2016, près de 380.000 réfugiés enregistrés auprès du HCR, le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU, et 225.000 irréguliers ont regagné l'Afghanistan, la plupart à partir du mois de juillet, rappelle le NRC.

"Les réfugiés irréguliers sont en train de regagner l'Afghanistan à un rythme inquiétant, et nous disent que sans documents, ils ont été forcés de quitter le Pakistan", indique Kate O'Rourke, Directrice du NRC à Kaboul, citée dans le communiqué.

En Afghanistan, ils trouvent un pays ravagé par l'insécurité et le chômage, dont un tiers du territoire échappe au contrôle du gouvernement, ce qui a poussé l'an dernier plus de 600.000 nouveaux civils à quitter leur foyer pour fuir les combats.

De plus, certains réfugiés ont passé plusieurs décennies hors d'Afghanistan, et n'ont plus ni biens ni proches dans leur pays d'origine.

Dans un rapport publié en février, Human Rights Watch (HRW) avait dénoncé la "complicité" de l'ONU face aux expulsions massives de réfugiés afghans par le Pakistan, le plus souvent sous la pression de la police et des autorités.

L'organisation considérait qu'en doublant l'allocation offerte aux rapatriés du Pakistan, passée de 200 à 400 dollars par personne depuis juin 2016, le HCR avait "promu le rapatriement des Afghans" et se rendait "de facto complice des violations" de leurs droits au regard du droit international.

"Le HCR est resté publiquement silencieux face à ces refoulements à grande échelle, sans s'élever une seule fois contre le fait que nombre de ces rapatriés fuyaient d'abord les abus de la police" insistait-elle.

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