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20/04/2017 16:02 EDT | Actualisé 20/04/2017 17:55 EDT

Pointe-à-Callière relaie la voix des Indiens d’Amazonie

Le musée d'archéologie et d'histoire de Montréal présente, jusqu'au 22 octobre, Amazonie, Le chamane et la pensée de la forêt, une incursion dans le monde et la mythologie des peuples autochtones répartis sur un vaste territoire d'Amérique du Sud.

Un texte d'Anne-Marie Yvon, d'Espaces autochtones

Environ 460 000 Autochtones de 447 ethnies vivent en Amazonie, une immense plaine traversée par le fleuve Amazone, couvrant neuf pays.

Ces hommes et ces femmes ont survécu à des siècles de colonisation et à des décennies d’exploitation de leurs ressources naturelles.

Ils ont assisté, impuissants, à la déforestation de la forêt tropicale, mais n’ont cessé de lutter pour préserver leur culture.

L’exposition présentée à Pointe-à-Callière propose de découvrir une trentaine de ces communautés autochtones qui, si elles ont leur identité propre, ont en commun la pratique chamanique.

Des mondes à découvrir

Dès la porte franchie, nous entrons au cœur de la forêt amazonienne, recrée par une pénombre enveloppante, le chant des oiseaux et d’autres sons de la nature.

Au fil de nos déambulations, nous découvrons le monde visible et invisible de ces peuples.

Cette exposition vise à initier les visiteurs aux notions d’animisme et de chamanisme, et d’évoquer la mythologie des sociétés amazoniennes traditionnelles.

Boris Wastiau, directeur général et commissaire de l’exposition au Musée d’ethnographie de Genève

Le cabinet des curiosités

Sous nos yeux, plus de 500 objets rapportés par des voyageurs ou ethnologues européens.

La plupart de ces artefacts - sarbacanes, arcs et flèches, instruments de musique, colliers, parures de plumes, masques cérémoniaux, vases ont été prêtés par le musée d'ethnographie de Genève en Suisse et les Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles.

La pièce la plus impressionnante est sans conteste la « Tsantsa », une tête humaine qui a été réduite par des Indiens Jivaro pour emprisonner l'esprit du mort et l'empêcher de se venger. La « Tsantsa » devient ainsi un objet rituel donnant à celui qui le porte la force et les qualités du défunt.

Cette étonnante pratique n’existe plus contrairement à certains autres rites qui ont traversé le temps pour se faire une place dans le monde moderne.

Un voile levé sur l’Amazonie

Depuis 1960, nous dit Francine Lelièvre, la directrice générale du musée Pointe-à-Callière, il y a une très grande volonté des pays et des gouvernements sud-américains de préserver les Autochtones et leurs cultures, ajoutant que des lois ont été votées dans ces pays de l’Amazonie pour reconnaitre la présence des Autochtones et respecter leur territoire.

Ils ont développé des ententes ou on essaie de mieux en mieux équilibrer le développement ou l’exploitation des ressources naturelles versus la préservation d’un patrimoine et de communautés et de peuples amazoniens.

Francine Lelièvre, directrice générale du musée Pointe-à-Callière

L’exposition vise à faire connaitre au public l’histoire absolument monstrueuse qu’ont vécue les Indiens pendant près de cinq siècles, précise Boris Wastiau, en nous rappelant que de nombreux groupes ethniques ont été décimés par la conquête des Amériques qui emportera plus de 80 % des populations autochtones.

Cette exposition évoque aussi le travail de nombreux ethnologues, photographes, cinéastes, voyageurs qui, de génération en génération, se sont engagés pour la cause des Indiens et ont milité activement pour les Autochtones et ont relayé leur voix.

Boris Wastiau, directeur général et commissaire de l’exposition au Musée d’ethnographie de Genève.

Des voix entendues de salle en salle grâce à un montage d'archives sonores recueillies au fil du temps par des ethnomusicologues.

Le chamane et la pensée de la forêt résume l’esprit des peuples de l’Amazonie, mais aussi leurs histoires et ce qu’ils sont, leur être, dit Francine Lelièvre qui voulait ajouter la voix du musée Pointe-à-Callière à la préservation de l’Amazonie en plus de faire le lien avec les Autochtones du Canada.

« On réalise qu’il y a des liens communs, ils ont tous une structure sociale et mythique semblable. Lorsqu’on a choisi le terme « les chamanes » comme titre d’exposition, ça représente très bien les liens entre chacune des communautés. Elles ont la même façon de percevoir le dialogue entre les êtres humains et non humains », conclut-elle.