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20/04/2017 16:09 EDT | Actualisé 20/04/2017 16:40 EDT

L'ultra-conservatrice Ann Coulter va finalement intervenir à Berkeley

La célèbre prestigieuse université américaine de Berkeley a fait volte-face jeudi et donné son feu vert à la venue de l'ultra-conservatrice Ann Coulter, après l'annonce un jour plus tôt qu'un discours prévu la semaine prochaine était annulé pour raisons de sécurité.

La décision intervient sur fond d'une série d'incidents et de violences à Berkeley liés à des événements politiques ces dernières semaines.

"Cette université est engagée à respecter le premier amendement de la Constitution" américaine, qui défend la liberté d'expression, a déclaré le président de l'université, Nicholas Dirks, dans un communiqué.

La faculté californienne qui a vu naître dans les années 60 le mouvement du "Free Speech", des manifestations étudiantes massives pour demander la liberté de parole politique et académique, a toutefois également "un engagement infaillible envers la sécurité et le bien-être des intervenants qui viennent sur le campus, celle de nos étudiants et autres" employés ou visiteurs, insiste-t-il.

"Dans ce contexte, l'annonce par Mme Coulter qu'elle voulait venir sur le campus le 27 avril sans considération pour le fait que nous n'avions pas de lieu disponible pouvant être protégé à cette date générait de fortes inquiétudes", poursuit-il. Il a notamment évoqué relevé que la police locale avait fait état de menaces qui "pourraient poser un grave danger à l'intervenante, au public et à ceux qui veulent manifester pacifiquement contre cet événement".

"Vu nos sérieuses réserves et inquiétudes sur les intentions avancées par Mme Coulter, j'ai demandé à mes employés de chercher au-delà de nos lieux habituels pour de vastes rassemblements et de voir s'il n'y aurait pas un endroit pour cet événement qui pourrait être sécurisé", et ils en ont trouvé un "pour l'après-midi du 2 mai", conclut-il.

Mercredi, Mme Coulter, très marquée à droite et anti-immigration, avait réagi avec colère à l'annulation de sa venue et dit sur Twitter vouloir malgré tout venir à Berkeley le jour où son discours était prévu, accusant la faculté bénéficiant de "fonds publics" de vouloir la censurer et d'enfreindre sa liberté d'expression.

En février, la très progressiste université californienne avait déjà bloqué la venue du provocateur d'extrême-droite Milo Yiannopoulos, ancien rédacteur-en-chef du site Breitbart, après de violentes manifestations à l'approche de sa prestation.

Le week-end dernier, Berkeley a été le théâtre d'affrontements entre manifestants pro et anti-Trump, qui ont entraîné l'arrestation d'au moins 21 personnes, d'après le Los Angeles Times.

ved-jz