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20/04/2017 14:27 EDT | Actualisé 20/04/2017 15:00 EDT

C3/Besiktas-Lyon: le football a repris ses droits après les incidents

De l'engagement, des beaux buts, du suspense et une bronca incessante des supporteurs turcs... Le football a repris ses droits jeudi à Istanbul en quarts de finale retour d'Europa League entre Besiktas et Lyon après les graves incidents du match aller.

En dépit d'un match très disputé, aucun accroc n'a été signalé dans les gradins ou aux abords du stade alors que les craintes d'une reproduction des débordements ayant émaillé le match aller était vives. Même la qualification des Lyonnais au bout d'une séance de tirs au buts irrespirable n'a pas provoqué d'étincelles (7 t.a.b à 6; succès turc 2-1 au retour, score identique pour l'OL à l'aller).

En outre, les supporters turcs se sont abstenus de toute protestation politique alors que plusieurs manifestations ont eu lieu ces derniers jours à Besiktas, quartier réputé opposé au président Recep Tayyip Erdogan, pour dénoncer des fraudes présumées lors du référendum de dimanche sur le renforcement de ses pouvoirs.

La soirée avait débuté sur les meilleures auspices. Les 40.000 fans de Besiktas n'ont pas attendu le coup d'envoi pour mettre l'ambiance dans la Vodafone Arena en chantant en choeur l'hymne du club. Le speaker du stade s'est égosillé à chauffer la foule bien avant l'entrée des joueurs sur le terrain.

Le match était classé à hauts risques en raison des débordements de l'aller et de la sanction, jugée "scandaleuse" par Besiktas, infligée par l'UEFA aux deux clubs, désormais sous le coup d'une exclusion des compétitions européennes en cas de récidive pendant une période probatoire de deux ans.

- Lyon, 'notre invité' -

Chauffés à blanc, les fans de Besiktas ont donné de la voix pendant toute la rencontre, poussant leur équipe et huant toute décision arbitrale défavorable ou toute intervention lyonnaise jugée trop musclée.

Seul le splendide but marqué par Alexandre Lacazette à la 34e minute pour mettre les deux équipes à égalité (1-1 à ce moment) a brisé, a momentanément l'élan et la voix du public turc.

Le doublé de Talisca (27e, 58e) l'a en revanche fait chavirer de bonheur, jusqu'au dénouement cruel, au bout d'une séance de tirs au but étouffante qui a penché du côté lyonnais. Un final malheureux qui n'a pas entaché la bonne tenue de la soirée.

Le président du club stambouliote de Besiktas, Fikret Orman, s'était voulu rassurant mercredi: "Le club de Lyon va venir chez nous et sera notre invité. Nous allons accueillir nos adversaires avec dignité et courtoisie". Il a tenu parole.

L'absence de supporters lyonnais à Istanbul jeudi - une volonté de l'OL bien avant le match aller - a, il est vrai, contribué à apaiser les tensions.

Rien à voir donc avec la première manche de C3 qui avait viré au chaos: envahissement de la pelouse, violences en tribunes, coup d'envoi retardé de trois quarts d'heure, sans oublier les affrontements aux abords du stade deux heures avant la rencontre. La rencontre a été engagée -- Mathieu Valbuena a eu une pommette entaillée -- mais c'est le football qui est sorti vainqueur cette fois.

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