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16/04/2017 03:41 EDT | Actualisé 16/04/2017 04:00 EDT

L'ETA annonce une étape de débats internes (presse)

L'ETA va lancer des débats internes "entre tous ses membres" sur son orientation, après avoir réussi un "désarmement total", rapporte dimanche le quotidien basque Gara en publiant un communiqué du groupe séparatiste basque.

Dans ce texte rédigé en basque et diffusé à l'occasion du "jour de la patrie" basque (Aberri Eguna), l'ETA évoque l'ouverture d'une étape au cours de laquelle elle prendra "des décisions entre tous ses membres pour avancer", sans cependant mentionner une dissolution.

"L'ETA se penchera sur le chemin parcouru et prendra les décisions futures avec responsabilité", lit-on dans ce texte.

Fondée en 1959, l'ETA ("Euskadi Ta Askatasuna", Patrie basque et Liberté) a mené à partir de 1969 une campagne d'attentats ayant coûté la vie à 829 personnes selon des bilans officiels.

L'organisation active en Espagne et en France a renoncé à la lutte armée pour l'indépendance du Pays basque et de la Navarre en 2011.

Mais elle refusait depuis de déposer les armes et de se dissoudre comme l'exigeaient Madrid et Paris, réclamant pour cela des amnisties et une négociation sur ses membres incarcérés, quelque 350 actuellement.

Elle a cette année renoncé à cette négociation en décidant de se désarmer de manière unilatérale par la remise des coordonnées sur ses caches d'armes le 8 avril à la justice française.

Dans ce texte ETA indique avoir "changé de schéma" et assure que le désarmement n'est pas "une monnaie d'échange".

Son communiqué estime ensuite selon Gara que l'organisation peut désormais "se pencher sur les débats qui doivent être faits et les processus à structurer".

Selon une source proche du désarmement, l'ETA doit encore débattre du sort de ses prisonniers: ceux qui sont condamnés à des peines plus légères peuvent-ils demander des libérations conditionnelles, en respectant les modalités légales en vigueur?

L'organisation pourrait ensuite, peut-être dès 2017, aborder la question de sa dissolution, selon cette source.

Sans lui demander ouvertement de se dissoudre, Arnaldo Otegi, ex-membre de l'ETA et dirigeant du mouvement indépendantiste Sortu, a récemment aussi souhaité un "débat", dans un entretien à l'AFP.

"Je crois que l'ETA doit entamer un débat entre militants sur son propre avenir. Mais je ne vais pas faire d'appel public", avait-il déclaré.

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