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15/04/2017 07:16 EDT | Actualisé 15/04/2017 07:40 EDT

Syrie: attentat contre des personnes évacuées, au moins 24 morts

Un attentat à la camionnette piégée contre des bus transportant des personnes évacuées de deux localités prorégime assiégées en Syrie a fait au moins 24 morts samedi, nouvel épisode sanglant dans ce pays en guerre.

Le correspondant de l'AFP à Rachidine, banlieue rebelle à l'ouest d'Alep où étaient stationnés les bus, a vu de nombreux cadavres, dont ceux d'enfants, et des membres arrachés jonchant le sol, ainsi qu'un grand nombre de blessés.

L'attaque est intervenue au lendemain de l'évacuation simultanée de milliers de personnes de quatre localités syriennes assiégées: deux rebelles --Madaya et Zabadani-- et deux prorégime --Foua et Kafraya.

Mais l'application de cet accord s'est enrayée vendredi en raison de différends entre parties adverses. Des milliers de personnes se sont ainsi retrouvées bloquées près d'Alep, certaines en zones rebelles, d'autres dans des secteurs contrôlées par le régime.

Alors que les civils et les combattants de Foua et Kafraya attendaient depuis plusieurs heures de pouvoir continuer leur chemin, un "kamikaze conduisant une camionnette transportant de l'aide alimentaire l'a fait exploser près des 75 bus" stationnés à Rachidine, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

- Panique -

Le correspondant de l'AFP a vu des gens pris de panique dans le secteur où sont stationnés les bus.

La télévision syrienne d'Etat a imputé aux "groupes terroristes" --terme utilisé par le régime pour désigner rebelles et jihadistes-- la responsabilité de cet attentat.

Il n'était pas clair dans l'immédiat si parmi les morts figuraient des rebelles qui gardaient la zone des bus.

En vertu d'un accord conclu entre le Qatar, soutien de la rébellion et l'Iran, allié du régime de Bachar al-Assad, quelque 5.000 personnes de Foua et Kafraya, assiégées depuis deux ans par les rebelles syriens dans la province d'Idleb (nord-ouest) avaient été évacuées.

Simultanément, environ 2.200 personnes de Madaya et Zabadani assiégées par le régime syrien près de Damas, avaient elles aussi été évacuées dans le cadre de cet accord.

Les personnes de Foua et Kafraya devaient être réinstallées près de Damas et dans la province de Lattaquié (ouest), places fortes du régime, tandis que celles de Madaya et Zabadani devaient rejoindre la province rebelle d'Idleb.

- Evacuations bloquées -

D'après l'OSDH et une source rebelle, le blocage est dû à un désaccord sur le nombre de loyalistes armés évacués de Foua et Kafraya. "Les négociations sont en cours", avait précisé la source rebelle avant l'attentat de Rachidine.

Ces évacuations sont très douloureuses pour les habitants.

"C'est terrible d'être déraciné comme ça, d'aller vivre dans un endroit qui n'est pas le nôtre", a affirmé à l'AFP Jama Nayef, un vétérinaire de Foua, après être sorti de sa localité.

Plusieurs fiefs rebelles ont été repris depuis un an par le régime, fort de l'appui de son allié russe intervenu militairement en Syrie en septembre 2015.

Après des mois de siège, le régime a ainsi proposé des accords d'évacuation que l'opposition syrienne dénonce comme des "transferts forcés de crimes contre l'Humanité".

L'avenir de l'accord d'évacuation des quatre villes n'était pas clair samedi après-midi après l'attentat meurtrier contre le convoi de bus en provenance de Foua et Kafraya.

Des millions de Syriens ont été déplacés par la guerre qui ravage leur pays depuis 2011 et qui a fait plus de 320.000 morts. Déclenché par la répression dans le sang de manifestations prodemocratie, le conflit s'est complexifié au fil des ans avec l'entrée en jeu d'acteurs internationaux et de groupes jihadistes comme l'organisation Etat islamique (EI).

- Avancée contre l'EI -

Samedi, des combattants soutenus par Washington ont marqué une importante avancée dans leur lutte contre l'EI en arrivant aux portes de Tabqa, ville du nord de la Syrie contrôlée par les jihadistes.

Tabqa est un verrou clé sur la route menant à Raqa, capitale autoproclamée de l'EI en Syrie et véritable objectif des Forces démocratiques syriennes (FDS) --alliance de combattants kurdes et arabes-- soutenues par Washington.

Les FDS "sont désormais à quelques centaines de mètres de Tabqa", ville proche du plus grand barrage de Syrie, situé sur l'Euphrate, a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

"De violents combats se déroulent dans les environs des deux banlieues (...), l'EI essaye de contre-attaquer", a précisé M. Abdel Rahmane. Une source militaire des FDS a affirmé que les "affrontements sont à leur paroxysme".

Début avril, les FDS étaient déjà parvenues à encercler la ville, se positionnant à quelques kilomètres de Tabqa.

La bataille de Tabqa fait partie de l'offensive "Colère de l'Euphrate" lancée en novembre par les FDS pour reprendre Raqa.

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