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15/04/2017 06:08 EDT | Actualisé 15/04/2017 06:22 EDT

Référendum en Turquie: la campagne entre dans son dernier droit

ISTAMBOUL — Les Turcs se prononceront dimanche sur l'élargissement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan. La campagne référendaire est donc entrée dans son dernier droit samedi. 

L'avenir du système politique de la Turquie est au coeur du débat.

Ceux en faveur des changements constitutionnels proposés affirment qu'une période de stabilité et de prospérité s'en suivra, tandis que les opposants croient que les réformes pourraient conduire à un système autoritaire.

Le président turc, qui a prononcé un discours devant une foule dans un quartier d'Istanbul, a longtemps défendu l'idée d'adopter un système présidentiel plutôt que parlementaire.

Recep Tayyip Erdogan encourage la population à voter dimanche en faveur des 18 changements constitutionnels qui aboliront, entre autres, le bureau du premier ministre, donnant tout le pouvoir exécutif au président.

«La nouvelle constitution apportera la stabilité nécessaire pour que notre pays se développe», a déclaré M. Erdogan à des partisans dans le district de Tuzla, à Istanbul.

Le président Erdogan dit que les réformes proposées pourraient aider la Turquie à contrer une série de menaces, comme le coup militaire raté de l'année dernière. D'ailleurs, le pays est toujours sous l'état d'urgence depuis la tentative du coup d'État.

Le président invoque aussi la menace d'attentats mortels, dont certains ont été attribués à Daech (le groupe armé État islamique) ou au conflit entre l'armée et les rebelles kurdes dans le sud-est du pays.

Or, plusieurs critiques craignent que le président Erdogan, qui est à la tête du gouvernement turc depuis 2003 soit en tant que premier ministre ou président, renforcera simplement son pouvoir.

Depuis le putsch raté, quelque 100 000 personnes incluant des juges, des enseignants, des journalistes et des policiers ont perdu leur emploi. Plus de 40 000 personnes ont été arrêtées. Des centaines de médias locaux et des organisations non gouvernementales ont été fermés.

Si les changements constitutionnels sont approuvés lors du vote de dimanche, ils entreront en vigueur aux prochaines élections générales prévues pour 2019.