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15/04/2017 01:13 EDT | Actualisé 15/04/2017 01:40 EDT

Iran: Raissi, un religieux conservateur proche du Guide suprême

Figure montante au sein du pouvoir en Iran et proche du guide suprême Ali Khamenei, le religieux conservateur Ebrahim Raissi, candidat à la présidentielle du 19 mai, a passé plus de 20 ans dans les rouages du système judiciaire.

Né dans la ville sainte de Machhad (nord-est), Ebrahim Raissi, 56 ans, est un "seyyed" portant un turban noir, signe qu'il fait partie des descendants du prophète et de l'imam Hussein, son troisième successeur, selon les musulmans chiites.

Le jour de son inscription à la présidentielle, il s'est déclaré "le candidat de tous les Iraniens (...) et de tous ceux qui veulent la grandeur" du pays.

Sur le plan intérieur, il a dit vouloir s'attaquer au chômage, qui touche 12,4% de la population, soit 3,3 millions de personnes.

A l'international, il a joué la modération en affirmant être partisan de "l'interaction avec tous les pays (...) mais avec du respect", à l'exception d'Israël, ennemi juré de l'Iran.

Très jeune, il commence des études théologiques à Machhad avant d'être envoyé à partir de 1975 dans la ville sainte de Qom (nord), capitale religieuse du pays.

Après la victoire de la révolution islamique en 1979, il entame sa carrière au sein du pouvoir judiciaire en devenant dès 1981 procureur de Karaj (à 50 km de Téhéran) puis procureur à Hamedan (ouest).

Il occupe entre 1985 et 1988 le poste de procureur adjoint du tribunal révolutionnaire de Téhéran. Durant cette période, les opposants sont durement réprimés et des centaines, voire des milliers, de prisonniers sont exécutés, au moment où le pays est en pleine guerre avec l'Irak de Saddam Hussein.

En 2003, il est nommé numéro deux de l'Autorité judiciaire avant d'occuper aussi entre 2013 et 2015 le poste de procureur général du pays.

Entretemps, en 2006, il est élu à l'Assemblée des Experts, chargée de nommer le guide suprême et éventuellement le démettre. Désormais, il est membre du bureau de la présidence de cet organe important.

Il est nommé en 2012 par l'ayatollah Ali Khamenei procureur spécial du Tribunal du clergé, chargé de juger les délits commis par les religieux.

Signe de sa proximité avec le numéro un iranien, il est nommé en mars 2016 à la tête de Astan Qods Razavi, une puissante fondation basée à Machhad où se trouve le mausolée de l'imam Reza, le huitième successeur du prophète selon les musulmans chiites.

Plus de vingt millions d'Iraniens se rendent chaque année en pèlerinage à Machhad. Astan Qods Razavi est devenu un puissant conglomérat qui possède de nombreuses sociétés de construction, de service ou encore des usines, des terres agricoles et des terrains à travers le pays.

an/sgh/vl