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12/04/2017 11:54 EDT | Actualisé 12/04/2017 12:20 EDT

Syrie: huit veto russes à l'ONU depuis le début du conflit

En six ans de guerre, la Russie a protégé son allié syrien des pressions occidentales en opposant huit fois son veto au Conseil de sécurité de l'ONU, suivie à six reprises par la Chine.

Moscou a opposé mercredi son veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité demandant la coopération du régime syrien dans une enquête sur l'attaque chimique qu'il est accusé d'avoir menée le 4 avril sur la localité rebelle de Khan Cheikhoun.

La diplomatie russe avait qualifié le texte d'"inacceptable" en l'état. La Chine s'est abstenue.

Moscou et Pékin ont un droit de veto, comme les trois autres membres permanents, Etats-Unis, France et Royaume-Uni. Le Conseil compte dix autres membres non permanents, renouvelés partiellement tous les ans.

- Répression -

En octobre 2011, la Russie et la Chine bloquent un projet de résolution des Occidentaux menaçant le régime de "mesures ciblées" pour la répression sanglante des manifestations. Neuf pays ont voté pour la résolution, quatre se sont abstenus.

Le retrait d'une référence directe à des sanctions n'a pas suffi à surmonter l'opposition de Moscou.

En février 2012, nouveau veto russo-chinois à un projet de résolution présenté par les Occidentaux et des pays arabes condamnant la répression. Les 13 autres ont voté en faveur du texte.

Ce projet exprimait le "soutien sans réserve" du Conseil au plan de la Ligue arabe pour parvenir à une transition démocratique et dénonçait les "violations flagrantes et généralisées" des droits de l'homme par le régime.

Le veto provoque l'indignation dans le monde arabe, en Occident et au sein de l'opposition, d'autant plus qu'il intervient quelques heures après un bombardement à Homs (centre) ayant fait plus de 230 morts selon l'opposition.

- Armes lourdes -

En juillet 2012, Moscou et Pékin s'opposent à une résolution occidentale menaçant Damas de sanctions. La résolution a recueilli 11 voix pour, 2 contre et 2 abstentions.

Le projet brandissait la menace de sanctions économiques si les forces syriennes ne cessaient pas d'utiliser leurs armes lourdes contre l'opposition. Pour l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine, cela aurait ouvert "la voie" à une intervention militaire.

En mai 2014, la Russie et la Chine bloquent un projet de résolution français qui prévoyait de saisir la Cour pénale internationale (CPI) des crimes commis par les deux camps. Le texte était co-parrainé par une soixantaine de pays.

- Raids sur Alep -

En octobre 2016, la Russie met son veto à un texte présenté une nouvelle fois par la France, qui appelait à une cessation immédiate des bombardements sur Alep, dans le nord de la Syrie. La Chine, qui s'alignait jusque-là sur la position russe, s'abstient.

Début décembre 2016, la Russie et la Chine mettent leur veto à une résolution demandant une trêve de sept jours à Alep.

Depuis le 15 novembre, les quartiers rebelles subissaient les bombardements les plus violents depuis deux ans, à coups de barils d'explosifs, d'obus et de roquettes.

- Armes chimiques -

Le 28 février 2017, la Russie et la Chine mettent leur veto à une résolution de l'ONU qui prévoyait des sanctions contre la Syrie pour son utilisation d'armes chimiques dans le conflit. Le projet de résolution, présenté par le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis, reçoit neuf voix pour et trois contre, ceux de la Chine, de la Russie et de la Bolivie.

C'est la septième fois que Moscou utilise son veto pour protéger le régime d'Assad. La Chine a rejoint la Russie pour bloquer six de ces sept résolutions.

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