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12/04/2017 08:45 EDT | Actualisé 12/04/2017 09:00 EDT

Migrants: Frontex accusée de vouloir "discréditer" l'action des ONG

L'ONG espagnole Pro-Activa Open Arms, qui depuis 2016 participe à des sauvetages de migrants en Méditerranée, a accusé mercredi l'agence européenne des frontières Frontex de vouloir "discréditer l'action des ONG" pour couper leur financement.

"Ils cherchent à dire que nous appuyons le trafic des clandestins ou les trafiquants eux-mêmes, comme le dit aussi la justice italienne", a déclaré Riccardo Gatti, chef de mission de Pro-Activa en Méditerranée.

"Les déclarations de Frontex, et aussi d'autorités politiques, ont pour but de discréditer notre action pour que cela se traduise par une baisse de la confiance de nos donateurs", a-t-il ajouté.

Dans un rapport cité en décembre par le Financial Times, Frontex avait évoqué une possible collusion entre les réseaux qui font partir les migrants de Libye et les navires privés qui les récupèrent en mer "comme des taxis".

"Nous avons la sensation qu'il y a quelqu'un qui nous met des bâtons dans les roues, même si on ne sait pas vraiment qui se cache derrière tout cela", a poursuivi Riccardo Gatti.

Le parquet de Catane (Sicile) a ouvert une enquête afin de déterminer qui finance les ONG et dans quel but.

"Nous avons 35.000 donateurs, certains sont connus comme Pep Guardiola, l'entraîneur du club de Manchester City, d'autres sont anonymes", a détaillé Oscar Camps, le directeur de Proactiva Open Arms.

Il a précisé que l'organisation avait reçu 2,2 millions d'euros de dons et que le coût d'une opération en Méditerranée était de 5.000 à 6.000 euros par jour.

L'organisation a également mis en doute l'efficacité de l'accord signé en février entre l'Italie et la Libye pour limiter les départs de migrants clandestins, le texte ayant été signé avec une partie seulement des quelque 1.700 milices qui contrôle le pays. L'accord a été suspendu le 22 mars par la cour d'appel de Tripoli.

"Tout est contrôlé par les milices en Libye, même les gardes-côtes, et 30% des flux financiers dans le pays proviennent du trafic de personnes", a ajouté Riccardo Gatti.

Depuis le début de l'année, près de 25.000 migrants sont arrivés sur les côtes italiennes, soit une forte augmentation par rapport aux années précédentes, selon un bilan du ministère de l'Intérieur.

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