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12/04/2017 09:19 EDT | Actualisé 12/04/2017 11:02 EDT

McKesson revient à la charge pour acheter la chaîne québécoise Groupe Uniprix

MONTRÉAL — Après une première tentative ratée en 2009, la compagnie pharmaceutique McKesson Canada est revenue à la charge pour conclure une entente avec le Groupe Uniprix afin de mettre la main sur les 330 pharmacies de la chaîne québécoise qui a vu le jour il y a 40 ans.

La transaction, dont la valeur n'a pas été dévoilée, a été annoncée mercredi aux pharmaciens-actionnaires d'Uniprix réunis en assemblée spéciale, à Drummondville, dans le Centre-du-Québec.

Elle devra toutefois obtenir l'aval de ces derniers, lors d'un vote prévu le 16 mai, et du Bureau de la concurrence du Canada.

Déjà propriétaire de 275 pharmacies Proxim, cette acquisition permettrait à la montréalaise McKesson Canada, filiale du géant américain du même nom, d'exploiter un réseau qui compte plus d'établissements au Québec que les 382 du Groupe Jean Coutu (TSX:PJC.A). 

«La réforme de la santé a accéléré notre réflexion et nous nous sommes demandé quelle était la meilleure option, dans le contexte réglementaire actuel, pour assurer la croissance de l'enseigne», a expliqué le président et chef de la direction d'Uniprix, Philippe Duval, au cours d'un entretien avec La Presse canadienne.

Celui-ci s'est gardé d'évoquer certains changements législatifs apportés par le gouvernement Couillard, mais la hausse des allocations professionnelles — les rabais offerts par les fabricants de médicaments génériques — versées aux pharmaciens-propriétaires, ainsi que le projet de loi 92 sur la ventilation du prix des médicaments, ont certainement dû peser dans la balance.

M. Duval affirme que le Groupe Uniprix, dont les ventes annuelles sont estimées à un peu plus de 1,6 milliard $, n'était pas dans une situation financière précaire.

Selon lui, il s'agit d'une «question de rentabilité à long terme», qui permettra à la chaîne québécoise de profiter de l'expertise de McKesson en matière de développement d'applications, par exemple. Les pharmacies de la chaîne continueront à être exploitées de façon indépendante. 

Déjà distributeur des médicaments pour Uniprix, McKesson dit vouloir préserver l'indépendance de la chaîne québécoise. Pas question, donc, de toucher à son siège social situé dans l'arrondissement montréalais de Saint-Léonard ou de procéder à des réductions d'effectif, assure la présidente canadienne du géant américain, Paula Keays.

«Nous allons continuer d'exploiter Uniprix de la même façon, a-t-elle affirmé. C'est une marque de commerce importante pour nous.» La société ajoute du même souffle qu'elle conservera aussi la bannière Proxim et que les deux chaînes ne seront pas regroupées dans un avenir prévisible.

En mars 2009, McKesson avait retiré son offre après que les pharmaciens indépendants de la chaîne québécoise se soient prononcés contre l'entente d'acquisition.

Le géant pharmaceutique avait fait les manchettes pour les mauvaises raisons en 2013, lorsqu'il avait versé 40 millions $ à la Régie de l'assurance maladie du Québec au terme d'une enquête sur ses pratiques commerciales avec certains pharmaciens chez Proxim.

Questionnée sur le sujet, Mme Keays a affirmé que cet épisode ne constituait pas un obstacle à la transaction, affirmant que la page avait été tournée.

Par ailleurs, les dirigeants d'Uniprix et de McKesson Canada ont affirmé que la radiation du pharmacien Jonathan-Yan Perreault, qui avait acquis des dizaines de pharmacies de l'enseigne Uniprix au cours des dernières années, n'avait pas précipité la transaction.

«Il n'est plus actionnaire d'aucune pharmacie et ce sont ses partenaires qui vont voter, a répondu M. Duval. Ce ne sont pas des éléments qui ont influencé la décision.»

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Un portrait des pharmacies au Québec: 

— Groupe Jean Coutu: 382

— Familiprix: 358

— Uniprix (incluant Uniprix Santé et Uniprix Clinique): 330

— Proxim: 250

— Brunet (incluant Brunet Plus, Brunet Clinique et Clini Plus): 200

— Pharmaprix: 172