NOUVELLES
12/04/2017 04:42 EDT | Actualisé 12/04/2017 05:00 EDT

France: les migrants du camp incendié dirigés vers des centres d'accueil

Les autorités françaises ont entrepris mercredi de déplacer vers des centres d'accueil les migrants sans abri depuis l'incendie lundi soir de leur camp, le plus grand de France, à Grande-Synthe, dans le nord du pays.

Un premier autocar a quitté Grande-Synthe pour gagner des Centres d'accueil et d'orientation (CAO) également dans le Nord, mercredi à la mi-journée, avec à son bord 29 migrants du camp détruit de la Linière, qui en hébergeait 1.400 au total, selon les autorités.

A 40 km à l'est de Calais, se dessinait en plus réduite et improvisée cette fois, une opération analogue à celle menée fin octobre pour acheminer dans des CAO environ 6.000 migrants de la "Jungle" de Calais, démantelée alors.

Les trois quarts des chalets en bois du camp de la Linière ont été réduits en cendres par de multiples départs de feu, consécutifs à de violentes bagarres entre Kurdes irakiens et Afghans.

Plus de 1.200 personnes ont été "hébergées en urgence dans des salles communales" mardi après l'incendie, notamment des gymnases, ont indiqué mercredi les ministères de l'Intérieur et du Logement.

"La grande majorité des victimes de l'incendie a été mise à l'abri après le sinistre", ont-ils précisé.

Interrogé sur l'accueil en salle de sport, Khalil, un Kurde de 29 ans, bredouille: "Ca va, c'était bien, enfin... correct". Dans la salle où il a passé la nuit, environ 200 Kurdes ont dormi, selon le personnel de sécurité sur place. Une trentaine d'autres ont choisi de dormir à la belle étoile, sur la pelouse voisine.

Devant un autre gymnase où sont installées les familles, souvent à même le sol faute de lits de camp en nombre suffisant, Heresh, Kurde trentenaire, raconte dans un anglais fluide la difficile nuit vécue par les réfugiés. "On a eu de la nourriture à midi, dans l'après-midi, mais pas hier soir. Juste de l'eau. Moi ça va, je suis un homme seul, mais les enfants étaient affamés et cette nuit, on en entendait pleurer".

Les premiers à partir mercredi devaient être des hommes célibataires. "Je n'ai aucune idée de ce qui va m'arriver", confiait Edrees, un étudiant kurde de 25 ans qui fait une demande d'asile en France il y a neuf mois.

Selon le gouvernement, "l'objectif est de pouvoir accueillir rapidement toutes les personnes sinistrées sur tout le territoire français et leur permettre d'entrer dans le parcours de la demande d'asile".

bap-tma/jg/ple