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12/04/2017 05:36 EDT | Actualisé 12/04/2017 06:00 EDT

Commerce mondial: "optimisme prudent" de l'OMC pour 2017

Après une mauvaise année 2016, l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) faisait état mercredi pour ses prévisions de printemps d'un "optimisme prudent" pour 2017, tout en mettant en garde contre "des risques à la baisse considérables" en raison de l'incertitude politique.

"L'attitude générale est à un optimisme prudent, mais la croissance du commerce reste fragile et il y a des risques à la baisse considérables", a déclaré le directeur général de l'OMC Roberto Azevedo dans une conférence de presse à Genève.

Le commerce mondial devrait croître de 2,4% en volume cette année, dans une fourchette de 1,8% à 3,6%, a indiqué l'OMC, dans une hypothèse d'une croissance du PIB de 2,7% mais cette prévision est exposée à "des facteurs de risques", au premier rang desquels figure "l'incertitude" aux Etats-Unis et en Europe, notamment liées au Brexit.

Pour 2018, l'OMC table pour l'instant sur une fourchette de croissance de 2,1% à 4% des échanges commerciaux internationaux.

L'année dernière, à la même époque, l'OMC avait prédit 2,8% de croissance pour le commerce mondial pour 2016. En septembre, l'organisation a dû réviser à la baisse sa prévision à 1,7%. In fine, le commerce mondial n'a progressé que de 1,3% en 2016, soit le taux de croissance le plus faible depuis la crise financière.

L'année dernière également, pour la première fois depuis 2001, le commerce mondial (+,1,3%) a progressé moins vite que le PIB (+ 2,3%), en raison notamment des mesures protectionnistes prises par certains pays.

Traditionnellement, le commerce mondial est une des locomotives de la croissance du PIB et progresse plus que le PIB. Dans les années 90, années-faste du libre-échange, le commerce progressait deux fois plus vite que le PIB.

Interrogé sur la politique commerciale de Washington, le directeur général de l'OMC a dit attendre l'entrée officielle en fonction du représentant américain au Commerce pour engager un dialogue sur le sujet avec la nouvelle administration.

Sans jamais prononcer le nom du président Donald Trump, M. Azevedo a indiqué qu'il fallait "être patient et attendre".

- Incertitude autour du Brexit -

Europe, M. Azevedo a déclaré que l'incertitude autour des conséquences de la sortie du Royaume-Uni de l'UE "n'est pas bonne". "Moins il y a de turbulences économiques et mieux l'économie se portera", a-t-il dit.

Interrogé sur les prochaines élections en France, M. Azevedo a répondu que "ce qui est important, c'est ce que veut la population française". "Moi, j'ai un passeport brésilien, je ne vote pas en France", a-t-il plaisanté.

Les élections sont un facteur de risques et d'incertitudes, a-t-il cependant ajouté. "L'incertitude peut avoir pour effet de geler les investissements, donc la croissance économique et l'activité", a-t-il dit.

Revenant sur l'année 2016, le directeur général de l'OMC a expliqué que "la mauvaise performance est due en grande partie à un ralentissement marqué des marchés émergents, où les importations ont pratiquement stagné l'an dernier, augmentant à peine en volume".

L'OMC a encore lancé une mise en garde contre la tentation protectionniste de certains gouvernements, sans les citer.

"Si des responsables politiques tentent de répondre à des pertes d'emploi dans leur pays en imposant de sévères restrictions aux importations, le commerce international ne pourra pas contribuer à soutenir la croissance et pourrait même devenir un frein à la reprise", a-t-il déclaré.

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