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12/04/2017 13:16 EDT | Actualisé 12/04/2017 13:40 EDT

C1 - A Dortmund, le rouge et blanc s'est bien marié au mur jaune

"Merci pour la nuit!" : les supporters de Monaco, hébergés par leurs concurrents de Dortmund après l'attentat, ont prolongé mercredi leur entente cordiale jusqu'au coup d'envoi d'un match de foot sous haute sécurité.

Tout au long de la journée, le rouge et blanc de Monaco s'est joint au jaune et noir dans les rues de Dortmund, avant l'apothéose d'une belle et rare solidarité entre supporters, même face au mur jaune, l'immense tribune Sud du Signal Iduna Park, célèbre dans tout le monde du foot.

Les Monégasques, qui ont remporté le quart de final aller de la Ligue des champions 3 à 2, avaient déjà séduit les Dortmunders mardi en entonnant "Dortmund, Dortmund" après l'annonce de l'attentat à l'explosif contre le bus des joueurs du club allemand.

De leurs côtés, les voyageurs français ont apprécié l'hospitalité locale. Nombre d'entre eux ont pu passer la nuit au chaud chez des supporters allemands, le match ayant été repoussé d'une journée.

"On a passé la nuit chez un supporter allemand, qui a proposé de nous héberger dès la sortie du stade, on le retrouve ce soir pour boire une bière avant le match et on redort chez lui après, c'est vraiment un beau moment, une rencontre", raconte Boris Marchi, 26 ans, qui a noué les écharpes des deux clubs.

Autour du stade des supporters français arborent même une pancarte en allemand: "Danke Kristen und Jens fur die nacht" (merci Kristen et Jens pour la nuit). Et les réseaux sociaux fourmillent de photos de bières partagées et canapés offerts aux Monégasques.

La nuit, Arthur Glapa l'a passée dans sa voiture, "en relançant le chauffage toutes les deux heures". A 22 ans, maillot de Monaco fraîchement floqué au nom de Bartra, il a retenu "la solidarité" vécue avec les supporters du Borussia, "je les aime beaucoup".

- 'On n'a pas peur'

Signe du grand fair-play baignant l'avant-match, les supporters et joueurs de Monaco reçoivent presque autant d'applaudissements que Marc Bartra, le joueur blessé dans l'attaque du bus la veille, opéré du poignet dans la journée.

Le speaker s'est même adressé en français aux supporters monégasques, dont les rangs étaient moins fournis, certains ayant dû rentrer sur la Côte d'Azur sans voir le match retardé.

"Borussia Dortmund remercie les supporters pour votre soutien hier soir, vos encouragements nous ont +très+ (sic) ému (...) en ce moment très difficile", a-t-il dit.

A l'échauffement, les joueurs du Borussia sont eux entrés sur la pelouse avec un tee-shirt jaune saluant leur coéquipier Marc Bartra: "Beaucoup de courage nous sommes avec toi", rédigé en espagnol (Muchas fuerzas estamos contigo).

Autour du Signal Iduna Park, l'ambiance était marquée par le déploiement des forces de l'ordre. Mais l'on s'y voulait optimiste.

"Il y a tellement de police ici on se sent protégés, on n'a pas peur on va profiter du match", lance Sven Bude, un supporter de Dortmund.

"Nous sommes énormément de policières et de policiers, je n'en ai jamais vu autant autour du stade de toute ma carrière", raconte une porte-parole des forces de l'ordre, Cornelia Wegandt.

- La nuit dans la voiture

Un petit vent de panique souffle tout de même quand déboule toutes sirènes hurlantes une file de véhicules de police. C'est l'escorte du bus de Monaco, rouge et blanc, arrivé sous très haute sécurité.

L'arrivée du tout nouveau bus noir et jaune du BVB, à petite allure se fait sous les applaudissements.

Durant l'après-midi, en face de la boutique du club, en centre-ville, au pied du Musée du football, les supporters ont spéculé sur ce qu'il s'était passé la veille, lorsque trois engins ont explosé au passage du bus de Dortmund. La piste islamiste semble privilégiée par les autorités même si aucune certitude n'existe à ce stade.

De quoi en amener certains à rentrer à la maison. La famille Schultz, venue de Moselle allemande, n'a plus le coeur. "On avait peur, nous avons quatre enfants, on rentre, c'est trop dangereux", racontait le père, Jürgen, 51 ans.

Sur le terrain, "On a senti dès le départ que Dortmund n'était pas dans l'ambiance, sûrement à cause de ce qui s'est passé hier", estimait Julien Moch, un supporter français.

"Difficile de dire s'il y a eu un effet attentat, réplique Gajim, un fan allemand, peut-être que ce qui compte c'est d'être restés forts".

eba-dar/alf/fjb

BORUSSIA DORTMUND