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12/04/2017 19:57 EDT | Actualisé 12/04/2017 21:25 EDT

Budget 2017 : les arts et la culture amputés de 3,6 M$

Les milieux artistiques et culturels du Manitoba déplorent les compressions annoncées mardi dans le budget provincial, qui amputeront 3,6 millions de dollars des sommes versées au domaine.

Le budget global des arts, de la culture et des sports se chiffre à 68 millions de dollars.

Les organismes culturels de la province ont perdu 700 000 $ en financement comparativement au budget 2016-2017 de 9,8 millions de dollars. Par ailleurs, 195 000 $ ont été sabrés du budget du programme de subventions du Conseil des arts du Manitoba (CAM), qui avait reçu 4,3 millions de dollars du gouvernement provincial en 2016-2017.

En outre, la Société manitobaine de développement de l'enregistrement cinématographique et sonore se voit amputée de 300 000 $ relativement au dernier budget de 4,2 millions de dollars.

La province supprimera également la Commission de classification cinématographique du Manitoba, permettant des économies de 158 000 $ par année.

Des implications uniquement administratives

La ministre du Sport, de la Culture et du Patrimoine, Rochelle Squires, insiste toutefois sur le fait que ce ne sont pas vraiment des coupes, mais surtout des mesures pour élaguer des frais administratifs jugés trop élevés.

« Tandis que d’autres gouvernements à travers le pays réduisent leur budget consacré aux arts et à la culture, nous maintenons un financement significatif. Nous couperons dans les dépenses administratives », souligne la ministre Squires.

Toutes les économies doivent provenir de l'administration, pas des services ni de la programmation. […] Il y a beaucoup de dépenses administratives qui ne contribuent pas au produit fini. Il n'y aura pas d'impact sur les sports et la culture en fonction du budget actuel.

Rochelle Squires, ministre du Sport, de la Culture et du Patrimoine

Cela ne signifie pas de pertes d'emploi non plus, selon la ministre Squires.

Un budget déjà rogné

Le Conseil des arts du Manitoba a déjà supprimé graduellement six postes au cours des neuf derniers mois afin de réaliser des économies d’environ 100 000 $.

Cet argent était destiné à développer de nouveaux logiciels et permettre à l’organisme de rendre ses opérations plus simples.

« L’année dernière, nous avons lancé notre nouveau plan stratégique. On a aussi simplifié notre offre, réduisant 54 programmes à 5, pour minimiser autant que possible notre charge administrative », assure la directrice générale du CAM, Akoulina Connell.

Toutefois, son budget étant amputé de 195 000 $, le CAM n'a plus d'argent à mettre de côté pour améliorer ses opérations.

Nous enlever 195 000 $, c’est vraiment dur.

Akoulina Connell, directrice générale, Conseil des arts du Manitoba

« Les décisions finales [sur les coupes] reviennent aux membres du Conseil. Mais on a déjà fait toutes les coupures possibles au niveau de notre petite équipe. Si on décide d’utiliser notre petit pécule pour compenser les coupures et qu’on doit remettre notre plan de simplicité administrative, ça veut dire que non seulement nous allons perdre le montant unique de 100 000 $, mais aussi que nous allons garder le même système inefficace pour encore une autre année », regrette Mme Connell.

Un manque de vision

Selon la directrice du Cercle Molière, Geneviève Pelletier, le gouvernement provincial n’a pas augmenté son financement des arts depuis au moins dix ans, malgré le fait qu’il s’agit d’« un secteur qui a un haut rendement ».

Ça manque un peu de vision.

Geneviève Pelletier, directrice artistique, Cercle Molière

« Je ne comprends juste pas le raisonnement derrière tout ça », dit-elle. « À un moment donné, avec les artistes, on peut leur dire [qu’il y aura moins d’argent], et ils vont créer de toute façon », reconnaît-elle.

Mme Pelletier juge pourtant que de grandes oeuvres et projets d’excellence nécessitent une plus importante contribution financière gouvernementale.