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12/04/2017 04:29 EDT | Actualisé 12/04/2017 04:33 EDT

Commission et affaire Patrick Lagacé: le SPVM ferait un suivi plus serré aujourd'hui

MONTRÉAL - Devant la Commission sur les sources journalistiques, mercredi, le directeur du Service de police de la ville de Montréal, Philippe Pichet, a affirmé qu'il ferait un contrôle plus serré du suivi des techniques d'enquête, aujourd'hui, s'il survenait encore une autre "affaire Lagacé".

Le directeur du SPVM a été contre-interrogé durant tout l'avant-midi, mercredi, concernant ce que ses policiers, inspecteurs et enquêteurs lui avaient dit ou pas concernant les mandats de surveillance requis contre le chroniqueur de La Presse, Patrick Lagacé.

On a ainsi pu apprendre qu'il n'avait pas toujours été mis au courant des informations détaillées concernant les mandats de surveillance qui ont été renouvelés, au fil des mois, contre le chroniqueur.

"Comme directeur, je ne peux pas être dans le détail de tout ce qui se passe au SPVM", a-t-il justifié, au cours d'un point de presse à l'issue de son témoignage.

Par exemple, de renouvellement de mandat en renouvellement de mandat, les enquêteurs cherchaient à obtenir davantage d'informations du téléphone intelligent du chroniqueur, comme la géolocalisation, après avoir obtenu les appels entrants et sortants.

M. Pichet savait que l'enquête se poursuivait, mais ignorait que dans les nouvelles requêtes, les policiers en demandaient davantage.

Il a admis qu'aujourd'hui, il poserait davantage de questions sur le pourquoi, le comment de ces mandats de surveillance. Il aimerait en savoir davantage et plus tôt dans le processus.

"Il va falloir mettre en place des mécanismes de suivi plus importants", a-t-il affirmé.

À l'époque, les enquêteurs cherchaient à identifier quels policiers laissaient filtrer de l'information à différents médias dans certains dossiers.

D'ailleurs, on a appris que dans le premier mandat émis contre M. Lagacé pour obtenir les métadonnées de son téléphone intelligent, le 19 janvier 2016, cinq articles contenant vraisemblablement des informations de sources policières avaient été déposés au soutien de la demande, mais, curieusement, aucun n'avait été écrit par M. Lagacé.

Alors pourquoi un mandat pour obtenir les métadonnées du téléphone de M. Lagacé?, a demandé Me Christian Leblanc, qui représente plusieurs médias.

Le directeur du SPVM, Philippe Pichet, a répliqué: "Il y avait des informations que certains journalistes se parlaient entre eux." Le service de police soupçonnait M. Lagacé d'échanger des informations avec Félix Séguin, pourtant son concurrent de TVA, du groupe Québecor.

De plus, le service de police savait que M. Lagacé avait eu des contacts avec un policier qui faisait l'objet de soupçons à l'époque.