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Une comédie française sur les Roms taxée de racisme

Sorti mercredi dans quelque 600 salles en France, annoncé comme un futur succès, le film À bras ouverts porte sur l'arrivée d'une famille de Roms chez un intellectuel de gauche (joué par Christian Clavier). Différents critiques ont descendu en flammes les stéréotypes véhiculés par le long métrage.

« Racisme à haute dose » et « nauséabond »... Dire que Thomas Sotinel, dans son article pour le journal Le Monde, n'a pas aimé À bras ouverts relève de l'euphémisme.

Le critique rejette notamment le portrait des membres de la famille de Roms (dont le chef est incarné par Ary Abitan). Accueillis bon gré mal gré par l’écrivain Jean-Etienne Fougerolle, ces personnages y sont montrés comme idiots, sales et sauvages.

« C’est maintenant [au spectateur] de limiter les nuisances d’À bras ouverts, en se dirigeant sans hésitation vers une autre salle du multiplexe », conclut Thomas Sotinel dans sa critique.

Extrême droite

Libération va encore plus loin et fait un lien avec la popularité du Front National et de Marine Le Pen, en tête des intentions de vote à quelques semaines de l'élection présidentielle. Selon le critique Julien Gester, le film paraît « illustrer trait pour trait la xénophobie et les fantasmes entretenus par les imprécations du parti d’extrême droite ».

Dans le journal Le Parisien/Aujourd'hui en France, Catherine Balle parle elle aussi de racisme.

Brosser une image aussi détestable d'une communauté déjà largement stigmatisée s'avère d'autant plus choquant que le propos est porté par un réalisateur très populaire.

Philippe de Chauveron a en effet réussi à attirer plus de 12 millions de spectateurs dans les salles, en 2014, avec sa comédie Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu?, histoire d’un père (déjà Christian Clavier), bourgeois catholique, qui voit ses filles en couple avec un Noir, un Juif (Ary Abitan), un Asiatique et un Arabe musulman. Si certains journalistes avaient émis des réserves sur les clichés utilisés pour faire rire, la plupart des médias avaient accueilli favorablement le film.

Des critiques ont également été conquis par À bras ouverts. Dans Le Figaro, Marie-Noëlle Tranchant parle ainsi d’une « farce bien vue, bien écrite ». Le journal gratuit Direct Matin salue pour sa part des « dialogues particulièrement savoureux ».

Anne Dorval devait faire partie de la distribution

L’équipe de production du film avait choisi de limiter les projections médiatiques, sans doute à cause des premières critiques apparues dès le début du projet. Parmi les attaques les plus virulentes, en avril 2016, le réalisateur d’origine rom Toni Gatlif s’était montré scandalisé par le film qui s’appelait alors Sivouplééé (mot souvent utilisé pour moquer les mendiants roms). « C’est une horreur, c’est dégueulasse. On ne peut pas faire des choses comme ça avec des gens. On ne peut pas rire avec ça », s’était-il exclamé en entrevue.

Le rôle de l’épouse de Christian Clavier devait alors être interprété par Anne Dorval, avaient annoncé plusieurs médias au printemps 2016. L’actrice québécoise y a ensuite renoncé. La Française Elsa Zylberstein a finalement pris la relève.

Un autre film dans la ligne de mire

Outre le nouveau film de Philippe de Chauveron, un autre long métrage médiatisé a été dernièrement éreinté par des critiques. Gangsterdam, qui raconte les aventures de trois jeunes pris dans une affaire de drogue aux Pays-Bas, est accusé de banaliser, voire de faire la promotion du viol, et ce, à plusieurs reprises.

D’autres scènes sont également considérées comme homophobes et racistes.

Le scandale est d’autant plus fort que Gangsterdam est destiné aux jeunes. Il met en vedette Kev Adams, l’un des acteurs les plus populaires auprès des nouvelles générations en France. Le quotidien 20 Minutes a parlé d’un film « adominable » (contraction des mots adolescent et abominable).

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