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Tony Romo, négligé et mal-aimé à tort

BILLET - La saga entourant Tony Romo et les Cowboys a finalement connu son dénouement. Le nouveau retraité de la NFL est passé par toute la gamme des émotions à Dallas. Malgré des résultats plus que satisfaisants, il n'a jamais réellement été considéré à sa juste valeur, bien malgré lui.

Deux éléments caractériseront les 14 saisons, dont 10 à titre de quart partant, de Romo dans l'esprit de nombreux amateurs de football : le chiffre 0 dans la colonne des conquêtes du Super Bowl et ses multiples blessures qui l'ont tenu à l'écart du jeu.

Et c'est bien dommage.

Les noms de Romo et de Dan Marino seront éternellement associés dans la catégorie des pivots d'exception qui ont affiché de reluisantes statistiques, mais qui n'ont pas remporté les grands honneurs.

Une fois de plus, c'est bien dommage.

J'ai beaucoup de difficultés à adhérer à la théorie qu'un joueur, spécialement les meneurs offensifs, soit jugé uniquement par son nombre de bagues du Super Bowl. C'est une variable qui doit inévitablement être considérée, certes, mais elle ne fait pas foi de tout.

À mes yeux, on ne peut tout simplement pas conclure qu'un vainqueur du trophée Vince-Lombardi est un athlète d'exception. Et l'inverse est tout aussi véridique.

Le quart est la position maîtresse d'une formation, mais il ne peut pas exécuter tous les jeux individuellement. L'apport de tout un chacun est nécessaire pour accumuler les victoires et franchir les tours en éliminatoires.

Trente et un pivots partants - dont Trent Dilfer et Brad Johnson, je tiens à le rappeler - ont mené leur organisation en terre promise dans l'histoire de la NFL. Il est profondément absurde de placer tous les autres quarts dans la catégorie de « ceux qui n'ont jamais rien gagné ».

Je le répète, le football est un sport d'équipe et l'on ne peut qu'à de très rares occasions associer la déconvenue ou les succès d'une formation à un seul et même individu.

Des comparatifs avec le passé

Le marché de Dallas est impitoyable pour un joueur de football. Les supporteurs des Cowboys tiennent à leur équipe au même titre que ceux du Canadien de Montréal, des Lakers de Los Angeles ou des Yankees de New York, entre autres.

L'attention médiatique est aussi vivement portée vers ces prestigieuses organisations au passé glorieux.

En plus de devoir composer avec la pression de représenter « America's Team » (l'équipe de l'Amérique), Romo a dû faire la sourde oreille à maintes reprises lorsqu'on mesurait ses prestations à celles de ses illustres prédécesseurs Troy Aikman et Roger Staubach.

Il a longtemps été la tête de Turc préférée des amateurs. La moindre bévue de sa part entraînait son lot de moqueries, ce qui a porté ombrage à une carrière éloquente.

Seulement trois homologues de Romo maintiennent une cote d'efficacité supérieure à la sienne, qui s'élève à 97,1. Étant donné que le trio le surpassant est toujours actif, il est possible qu'il grimpe encore dans ce classement.

Romo a notamment inscrit son nom dans le livre des records des Cowboys en ce qui a trait aux passes de touché (248), aux verges amassées par la voie aérienne (34 183) et au taux de relais complétés (65,3 %).

Il est vrai que son rendement dans les séries se retrouve sous la barre peu envieuse de ,500 (2 victoires contre 4 défaites).

Romo a cependant été irréprochable dans la moitié de ses duels éliminatoires. Cela ne fait pas de lui un quart des grandes occasions, bien évidemment, mais d'affirmer que le no 9 était le seul à blâmer en 2006, 2007, 2009 et 2014 est inexact.

Le produit des Panthers de l'Université Eastern Illinois a guidé sa troupe à 25 retours victorieux au 4e quart, ce qui lui confère le 14e échelon à ce chapitre depuis que cette statistique est compilée, en 1960.

La manière dont Romo a toujours répondu aux critiques et aux coups portés à son endroit m'a fascinée. Il a dû se démener et faire preuve d'une profonde détermination pour obtenir un tant soit peu de faveur de la part des amateurs.

L'effet domino

La décision de Romo d'accrocher son maillot a des répercussions à quelque 400 km au sud de Dallas. C'était un secret de Polichinelle, les Texans de Houston étaient fortement intéressés aux services du Californien.

Les doubles tenants du titre de la Division sud ne sont qu'à un quart potable d'être une formation de pointe dans l'Américaine. La défense texane a excellé en 2016, mais l'attaque lui a mis des bâtons dans les roues.

Brock Osweiler, nouveau membre des Browns de Cleveland, et Tom Savage n'ont jamais été en mesure d'enclencher la machine offensive. En santé, Romo aurait été la clé pour démarrer cette attaque moribonde.

Le pari en aurait valu la peine.

Ce désir du directeur général Rick Smith ne se matérialisera pas, si bien que les Texans devront donc s'en remettre à Savage, Brandon Weeden, l'un des agents libres de deuxième ordre encore disponibles ou un pivot fraîchement sorti des rangs universitaires. Ce n'est pas l'idéal.

Romo n'aura somme toute pas l'occasion de fermer le clapet à ses détracteurs de l'État du Texas avec ses prouesses sur le terrain. Peut-être le fera-t-il avec un micro à la main?

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