DIVERTISSEMENT
06/04/2017 01:53 EDT

François Bouvier, le réalisateur de «Paul à Québec» fait revivre La Bolduc

Caramel Films

Après avoir réussi à transposer au grand écran les personnages de la bande dessinée Paul à Québec, François Bouvier s’attaque maintenant au film d’époque avec un biopic sur La Bolduc mettant à l’affiche Debbie Lynch-White dans le rôle de la populaire chanteuse. Le Huffington Post Québec a eu droit mercredi à une visite de tournage.

Bien avant Alys Robi, Diane Dufresne ou Céline Dion, il y a eu Mary Travers, mieux connue sous le nom de La Bolduc. Considérée comme la première chansonnière du Québec, l’artiste a traversé les âges jusqu’à devenir cette icône populaire experte en «turlutage». Mais bien loin du folklore historique, François Bouvier espère dresser le portrait d’une femme qui ne l’a pas eu facile.

«De son vivant, elle a été une immense vedette, a raconté le cinéaste en entrevue. Lorsqu’elle est arrivée à Montréal de sa Gaspésie natale, des milliers de personnes l’attendaient déjà devant son hôtel. C’était l’une des personnalités les plus importantes de son époque et je voulais revenir sur cette période dans laquelle on fait la connaissance d'une femme à la fois lumineuse et complexe.»

Tout commence à partir des années 1920, où l’on découvre une Bolduc pauvre et mère de famille. Malgré le poids des traditions et de la religion catholique, elle se lance par nécessité dans une carrière de chanteuse qui la mettra au-devant de la scène. Le récit se poursuit sur plusieurs décennies, allant de la Belle Époque à l’avant-guerre. «Je veux montrer une Bolduc lumineuse, précise Bouvier. Elle était aimée par les classes populaires. C’était une femme du peuple qui n'a jamais eu peur de prendre la parole.»

Une féministe sans le savoir

Le réalisateur précise que son film ne sera pas une musicographie, même si certaines chansons seront reprises par Debbie Lynch-White. «L’accent est plutôt mis sur son rôle de femme, de mère et d’épouse. Le film s’intéresse aussi à sa fille et son mari, dont les relations n’ont pas toujours été joyeuses», a-t-il dit.

Dans les habits de La Bolduc, Debbie Lynch-White qui s’est investie à fond sur le personnage. L’actrice jure qu’elle sait maintenant turluter comme la chanteuse, mais se défend de faire de l’imitation. «Même si j’ai fait beaucoup de recherche sur sa vie et son répertoire, il reste que le film se veut une vision de La Bolduc. Les femmes n’avaient pas le luxe d’être chanteuse à son époque. Ce rôle précurseur dit beaucoup sur ce qu’elle a pu représenter chez ses contemporaines.»

Selon Debbie Lynch-White, La Bolduc était «une féministe sans le savoir», car son statut de vedette était unique au Québec. «Une femme faisant un métier hors du foyer et de sa cuisine, personne n’avait jamais vu cela auparavant. Bien qu’elle n’ait jamais fait de grand discours ni exprimé en public qu’elle était féministe, c’est par ses gestes et sa réputation qu’elle a fait avancer les droits femmes.»

Le film s’offre toutefois quelques libertés historiques puisqu’une scène imagine une rencontre improbable entre La Bolduc et l’activiste Thérèse Casgrain. «Elles ont toutes les deux traversé les mêmes années. Elles auraient pu se rencontrer et ce qu’il y a de fascinant dans le cinéma, c’est d’imaginer ce qu'aurait pu être cette rencontre entre deux grandes dames du Québec», conclut l’actrice.

Doté d’un budget de 5,7 millions de dollars, La Bolduc est présentement en tournage jusqu’au 23 avril. La sortie dans nos salles est prévue pour l’année 2018.

Galerie photo «La Bolduc» de François Bouvier Voyez les images