NOUVELLES
04/04/2017 06:10 EDT | Actualisé 04/04/2017 07:12 EDT

Saint-Pétersbourg: l'attentat kamikaze a fait au moins 14 morts (VIDÉO/PHOTOS)

L'attentat qui a fait 14 morts lundi dans le métro à Saint-Pétersbourg a été perpétré par un kamikaze, a annoncé mardi le Comité d'enquête russe dans un communiqué.

Les enquêteurs du Comité d'enquête, des services secrets et du ministère de l'Intérieur "ont établi que la bombe artisanale a pu être actionnée par un homme dont des restes ont été retrouvés dans le troisième wagon de la rame", indique le Comité d'enquête, en ajoutant que son identité a été établie mais qu'il la gardait secrète dans l'intérêt de l'enquête.

Saint-Pétersbourg était en deuil et ses drapeaux en berne mardi, au lendemain de l'attentat et d'un second déjoué de justesse dans une station du centre historique de la deuxième ville de Russie.

Mardi, les services secrets du Kirghizstan, ex-république soviétique d'Asie centrale, ont affirmé à l'AFP que l'attentat avait été commis par un "kamikaze", né dans la région kirghize d'Och, une zone qui a fourni un fort contingent de jihadistes kirghizes à l'organisation Etat islamique (EI).

Quelques 600 ressortissants kirghizes ont rejoint les groupes jihadistes en Irak et en Syrie, notamment au sein de l'EI, selon le ministère de l'Intérieur du Kirghizstan.

"Le kamikaze dans le métro de Saint-Pétersbourg était un ressortissant kirghiz, Akbarjon Djalilov (...), né en 1995", a assuré à l'AFP le porte-parole des services de sécurité kirghizes (GKNB), Rakhat Saoulaïmanov. "Il est probable qu'il a acquis la nationalité russe", a-t-il ajouté en précisant que ses services étaient en contact "étroit" avec leurs homologues des services de renseignement russes du FSB.

LIRE AUSSI:

» Voyez les images des minutes qui ont suivi l'explosion

Le Comité d'enquête a annoncé l'ouverture d'une enquête pour "acte terroriste", tout en précisant que "toutes les autres pistes" seraient examinées.

L'attentat, qui n'a pas été revendiqué, intervient alors que le groupe EI a appelé à frapper la Russie après son intervention en soutien aux forces de Bachar al-Assad en Syrie, fin septembre 2015.

Mardi, après une nuit de choc et de recueillement, le quartier de l'attentat a retrouvé un semblant de vie, mais les événements de la veille restent présents dans les esprits alors que trois jours de deuil ont été décrétés dans l'ancienne capitale impériale.

"Bien sûr, tous le monde dans le métro ne pense qu'à ça. Ce n'est pas agréable, mais j'ai surtout peur pour mes enfants, lorsqu'ils le prennent tous seuls", raconte Svetlana Goloubeva, 45 ans, avant d'entrer dans le métro où la présence policière a été considérablement renforcée, tout comme dans celui de Moscou.

Selon le FSB, l'explosion a eu lieu à 14H40 (11H40 GMT) dans une rame circulant entre deux stations d'une ligne fréquentée qui traverse le centre-ville, Sennaïa Plochtchad et Tekhnologuitcheski Institout.

En amenant à quai le train, son conducteur a sauvé "de nombreuses vies", selon sa hiérarchie. "J'ai suivi les instructions", a-t-il affirmé.

Les images diffusées sur les réseaux sociaux et par les télévisions russes montraient une rame de métro soufflée et de nombreux voyageurs tentant de sortir des victimes des décombres.

Peu après, une bombe artisanale avait été "découverte et désamorcée à temps" dans une autre station du centre-ville, Plochtchad Vosstaniïa.

'Absolument horrible'

Le président Vladimir Poutine a déposé dans la soirée un bouquet de fleurs rouges devant la station où s'est immobilisée la rame visée. Il avait auparavant dirigé une réunion avec des représentants du FSB, des services de secours et du ministère de l'Intérieur.

Le pays n'avait pas été aussi durement touché depuis l'explosion en plein vol le 31 octobre 2015 d'un avion reliant l'Egypte à la Russie avec 224 personnes à bord, un attentat revendiqué par l'EI.

Depuis, plusieurs attaques ont touché les instables républiques russes du Caucase et les services de sécurité russes ont annoncé à plusieurs reprises avoir démantelé des cellules jihadistes s'apprêtant à frapper Moscou et Saint-Pétersbourg.

Pour la presse russe, l'attentat de Saint-Pétersbourg est un acte de représailles de l'EI, en réponse à l'intervention de l'armée russe en Syrie. Le but recherché est de "modifier le regard de l'opinion publique sur la campagne syrienne", estime le quotidien Nezavissimaïa Gazeta.

Les autorités ont annoncé le renforcement des mesures de sécurité dans le métro de Moscou et dans les aéroports.

La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini, a envoyé ses condoléances à "tous les Russes, en particulier ceux qui ont perdu leurs proches". Le président français François Hollande a exprimé "sa solidarité avec le peuple russe", tandis que la chancelière allemande Angela Merkel a fait part de son "effroi" face à cet "acte barbare".

Le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné fermement un "attentat terroriste barbare et lâche".

Le président américain Donald Trump a pour sa part dénoncé un attentat "absolument horrible".

Il a ensuite, lors d'un entretien téléphonique avec son homologue russe, assuré M. Poutine du "soutien total" de Washington à la réponse qu'apportera Moscou à cette attaque, selon un communiqué de la Maison Blanche.

Ils "ont convenu que le terrorisme devait être définitivement et rapidement vaincu", affirme le communiqué.

Galerie photo Explosion mortelle dans le métro de Saint-Pétersbourg en Russie (3 avril 2017) Voyez les images