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04/04/2017 05:59 EDT

Au moins 58 morts dans une attaque chimique en Syrie (PHOTOS)

A Syrian child receives treatment following a suspected toxic gas attack in Khan Sheikhun, a rebel-held town in the northwestern Syrian Idlib province, on April 4, 2017.
Warplanes carried out a suspected toxic gas attack that killed at least 35 people including several children, a monitoring group said. The Syrian Observatory for Human Rights said those killed in the town of Khan Sheikhun, in Idlib province, had died from the effects of the gas, adding that dozens more suffered respiratory problems and other symptoms.
 / AFP PHOTO / Mohamed al-Bakour        (Photo credit should read MOHAMED AL-BAKOUR/AFP/Getty Images)
MOHAMED AL-BAKOUR via Getty Images
A Syrian child receives treatment following a suspected toxic gas attack in Khan Sheikhun, a rebel-held town in the northwestern Syrian Idlib province, on April 4, 2017. Warplanes carried out a suspected toxic gas attack that killed at least 35 people including several children, a monitoring group said. The Syrian Observatory for Human Rights said those killed in the town of Khan Sheikhun, in Idlib province, had died from the effects of the gas, adding that dozens more suffered respiratory problems and other symptoms. / AFP PHOTO / Mohamed al-Bakour (Photo credit should read MOHAMED AL-BAKOUR/AFP/Getty Images)

Le régime syrien a démenti toute implication dans l'attaque chimique présumée qui a tué mardi des dizaines de personnes dans une localité rebelle du nord-ouest du pays.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, cette attaque a fait au moins 58 morts et quelque 170 blessés à Khan Cheikhoun, dans la province d'Idleb, contrôlée en quasi totalité par une alliance de rebelles et de jihadistes, notamment ceux de l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda.

Elle a entraîné des réactions outrées dans le monde entier, des pays comme les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne pointant du doigt le régime du président Bachar al-Assad.

Mais l'armée syrienne a "démenti catégoriquement avoir utilisé toute substance chimique ou toxique à Khan Cheikhoun aujourd'hui (mardi)" et assuré qu'elle "n'en avait jamais utilisé, à aucun moment, à aucun endroit et (qu'elle) ne le fera pas dans l'avenir", dans un communiqué publié par l'agence officielle Sana.

Et l'armée a accusé les insurgés d'être responsables de la tragédie: "Les groupes terroristes et ceux qui les soutiennent sont responsables d'avoir utilisé des substances chimiques et toxiques et d'avoir été négligents avec les vies de civils innocents".

L'agence officielle Sana a ensuite cité un responsable du ministère syrien des Affaires étrangères indiquant que Damas "réitérait sa ferme condamnation du crime commis par les groupes terroristes armés à Khan Cheikhoun".

"La Syrie confirme qu'elle s'est soumise à toutes les obligations de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques depuis qu'elle l'a ratifiée en 2013", a ajouté ce responsable.

Damas a officiellement rendu en 2013 son arsenal chimique déclaré, au nom d'un accord russo-américain qui avait permis d'écarter la menace de frappes américaines contre le régime de Bachar al-Assad.

Les Etats-Unis avaient annoncé l'année suivante la fin des opérations de "neutralisation" des armes chimiques remises par le régime syrien mais ils s'étaient ensuite inquiétés de la possibilité que Damas ait omis d'en déclarer certaines.

Le régime de Damas a depuis été suspecté à plusieurs reprises d'avoir utilisé des armes chimiques, notamment par l'ONU pour au moins trois attaques au chlore en 2014 et 2015.

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La Coalition nationale, importante composante de l'opposition syrienne, a accusé le régime d'avoir utilisé des "obus contenant du gaz chimique".

Elle a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de "convoquer une réunion urgente (...) et d'ouvrir une enquête immédiate".

Le correspondant de l'AFP dans un hôpital de Khan Cheikhoun a vu des patients avec de la mousse sortir de leur bouche. Beaucoup ont été aspergés d'eau par les médecins qui tentaient de les réanimer.

Il a par la suite rapporté que cet hôpital avait été bombardé, provoquant d'importantes destructions et la fuite de médecins parmi les décombres.

Évanouissements, convulsions

"Tous les cas traités sont des évanouissements, des convulsions, des pupilles dilatées, de la mousse dans la bouche et des suffocations", a expliqué un médecin mettant un masque d'oxygène à un enfant, selon une vidéo diffusée par la direction de la santé gérée par les rebelles d'Idleb.

Des sources médicales dans la ville citées par l'OSDH ont également fait état d'évanouissements, de vomissements et de présence de mousse dans la bouche des victimes.

Le régime n'avait pas communiqué sur ces frappes à la mi-journée.

L'OSDH a indiqué que les personnes étaient décédées en raison des effets du gaz, notamment par suffocation, mais elle n'était pas en mesure de donner la nature de ce gaz.

L'OSDH, basée en Grande-Bretagne et disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie, n'était pas non plus en mesure de dire si les raids étaient le fait d'avions de l'armée syrienne ou de ceux de la Russie, allié du régime.

Elle dit habituellement être en mesure de déterminer à qui appartiennent les avions en fonction de leur type, leur localisation et leur munitions.

La province d'Idleb, largement contrôlée par une alliance de rebelles et des jihadistes, est régulièrement la cible de frappes du régime, et de l'aviation russe. Elle a également été touchée par des raids de la coalition antijihadistes dirigée par les Etats-Unis.

Le gouvernement syrien dément utiliser des armes chimiques dans une guerre qui a déjà fait plus de 320.000 morts depuis mars 2011. Il a ratifié la Convention sur l'interdiction des armes chimiques en 2013.

En octobre 2016, le Conseil de sécurité avait reçu un rapport concluant que l'armée syrienne avait mené une attaque à l'arme chimique, sans doute du chlore, à Qmenas, dans la province d'Idleb, le 16 mars 2015.

L'Union européenne avait placé le 20 mars sur sa liste noire quatre nouveaux responsables militaires syriens, accusés d'avoir utilisé "des armes chimiques à l'encontre de la population civile" en 2014 et 2015, selon un communiqué.

Réunion à Bruxelles

Début mars, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a indiqué enquêter sur huit attaques présumées au gaz toxique commises en Syrie depuis le début de 2017.

La coalition de l'opposition a affirmé que "le crime horrible" de mardi rappelait l'attaque de l'été 2013 près de Damas qu'elle avait imputée au régime et que la communauté internationale "a laissé impunie".

En août 2013, le régime avait été accusé d'avoir utilisé du gaz sarin dans cette attaque de deux secteurs rebelles qui avait fait 1.400 morts, selon Washington. En septembre, un accord russo-américain sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien avait écarté in extremis la menace de frappes américaines contre le régime.

L'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley a déclaré lundi que le président Bachar al-Assad était un "criminel de guerre".

Au moment où les espoirs de paix restent faibles, Bruxelles accueille jusqu'à mercredi une conférence internationale sur l'avenir du pays mais certains acteurs clés du conflit, comme la Turquie ou la Russie, ne devraient pas y être représentés au plus haut niveau.

Cette conférence servira notamment à faire le point sur les promesses de dons faites par la communauté internationale en février 2016, alors qu'il s'agit de la pire crise humanitaire depuis la deuxième guerre mondiale selon l'ONU.

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