DIVERTISSEMENT
03/04/2017 09:47 EDT | Actualisé 04/04/2017 03:56 EDT

La sensation française Jain de retour à Montréal

Elle a chanté au National de Montréal en octobre. Pourtant, Jain est de retour à Montréal. L’auteure-compositrice-interprète de 25 ans montera en effet sur les planches du Théâtre Corona mardi soir dans le cadre d'une tournée nord-américaine. Discussion téléphonique avec l’artiste qui a remporté récemment le Victoire de l'artiste féminine de l'année en France.

Jeanne Louise ­Galice, alias Jain (comme «Jane» en anglais), fait de la musique électro-pop difficile à classer. Depuis ses débuts, elle s’inspire de sa vie en France, mais aussi de séjours en Afrique et au Moyen-Orient afin de créer une musique vitaminée, rythmée et passablement joviale.

Étrangement, cette jeune femme pour qui tout réussit ne pensait pas devenir chanteuse populaire lorsqu’elle était plus jeune. «J’ai toujours aimé les arts visuels, raconte-t-elle, dans un français soigné. Je pensais même devenir graphiste à l’âge adulte. J’ai d’ailleurs été dans une école d’art, à Paris. Mais pour différentes raisons, la musique a fini par s’imposer à moi. […] Mon père travaillait dans le pétrole. Ma famille voyageait donc pas mal. J’ai vécu quelques années au Congo. J’ai apprivoisé la musique africaine (afrobeat) là-bas.»

Il faut dire qu’à 10 ans, elle avait apprivoisé le jeu des percussions, à Dubaï, aux Émirats arabes unis.

Au début de l’adolescence, elle se lance alors dans la composition en utilisant un logiciel numérique. Elle concocte, à sa manière, des rythmes congolais mélangés à d’autres sonorités. D’ailleurs, c’est durant son séjour en Afrique qu’elle a écrit le tube Come, qui a permis de faire connaître Jain un peu partout dans le monde.

 «J’avais diffusé Come sur MySpace. C’est grâce à ce morceau que j’ai connu les membres de mon équipe actuelle.»

En novembre 2016, Jain a offert une réédition du EP Zaneka (le mot signifie « enfant » en malgache), qui renferme les chansons inédites CitySon of a SunDynabeat, ainsi que deux remixes de Come et un remix de Makeba.

Réalisé par Yodelice (Maxime Nouchy), l’album a des influences musicales multiples : l’Amérique, l'Afrique et l'Europe. Bien qu’elle soit Française d’origine, Jain chante en anglais. Du moins pour l’instant. «C’était naturel pour moi de chanter dans cette langue, puisque les gens autour de moi ne comprenaient pas ma langue maternelle (en l’occurrence au Congo). J’ai donc poursuivi en anglais…» Cela dit, l’artiste n’est pas contre l’idée de chanter éventuellement dans la langue de Molière.

«J’aime quand ça bouge»

La chanteuse a bien l’intention de faire danser les spectateurs montréalais qui seront présents à son concert livré au Théâtre Corona. «Je veux que les gens passent un bon moment. Moi-même, j’aime les spectacles vivants, dynamiques, qui font danser. J’aime l’énergie positive. […] J’aurai mes ordinateurs et mes télécommandes pour envoyer de bons rythmes et des loops. J’aurai aussi de beaux éclairages. Malheureusement, je ne suis pas accompagnée de mon groupe habituel (pour la tournée nord-américaine). Mais ce n’est pas grave, j’ai beaucoup d’énergie et je crois que les gens passent du bon temps...»

En raison de sa passion pour les arts visuels, Jain admet qu’elle s’implique grandement dans la mise en scène de son spectacle, y compris les éclairages. «J’adore tout ce qui touche à la création d’un concert. Même chose du côté des vidéoclips et des albums. Je veux continuer à développer mon style et ma signature. Je veux m’investir dans tout ce qui va définir mon attitude et mon image.»

Ainsi, on comprendra que Jain accorde une importance particulière à l'esthétique qu’elle véhicule dans sa jeune carrière.

Questionné à propos de son prochain album, Jain se fait hésitante à l’autre bout du fil : «J’essaie de composer un peu. Mais, ce n’est pas facile. J’ai été extrêmement occupée au cours de la dernière année. J’ai quand même quelques trucs. Cela dit, je vais d’abord prendre des vacances quand la tournée sera terminée. J’ai besoin de me poser.»

Jain livrera18 spectacles en Amérique du Nord avant de retourner en Europe. La majorité des salles qu’elle visite sont remplies. C’est le cas pour le Théâtre Corona, où elle jouera à guichets fermés.

À noter que Jain reviendra dans la métropole québécoise pour participer au festival Osheaga, cet été.

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Jain – au Théâtre Corona de Montréal – le mardi, 4 avril