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01/04/2017 15:52 EDT | Actualisé 02/04/2018 01:12 EDT

Tragédie en Colombie: plus de 200 morts dans une coulée de boue

Une gigantesque coulée de boue a fait plus de 200 morts, des centaines de disparus et de blessés dans le sud de la Colombie, suite aux fortes pluies affectant la région andine, dont aussi le Pérou et l'Equateur.

"Le dernier bilan fait état de 206 morts, 202 blessés, 220 disparus", a déclaré à l'AFP César Urueña, directeur du service de secours de la Croix-Rouge colombienne, à propos de cette catastrophe qui a ravagé la ville de Mocoa, tard vendredi soir.

"Nos coeurs sont avec les familles des victimes et les personnes affectées par cette tragédie. Nous n'allons pas faillir dans notre attention à leur égard", a tweeté le président Juan Manuel Santos, qui s'est rendu sur place et a déclaré l'état de "calamité publique" pour "accélérer" les secours.

Les images de cette ville de 40.000 habitants, privée d'électricité et d'eau courante, sont impressionnantes: rues envahies de boue, militaires récupérant des enfants dans les décombres, habitants en larmes, voitures détruites et déchets partout. Deux ponts ont aussi été emportés, selon l'armée.

Parlant d'une catastrophe de "grande dimension", M. Urueña a précisé que 300 familles étaient affectées, 17 quartiers gravement endommagés et 25 bâtiments d'habitation détruits.

La coulée de boue a été provoquée vers 23H30 vendredi (04H30 GMT samedi) par la crue de trois rivières en surplomb de Mocoa, ravageant le chef-lieu du département du Putumayo, où des pompes à eau et des groupes électrogènes ont été expédiés par avion.

- 'Situation dramatique' -

"Il y a beaucoup de gens dans les rues, beaucoup de sinistrés, de nombreuses maisons détruites", a déclaré par téléphone à l'AFP Hernando Rodriguez, un habitant âgé de 69 ans.

Selon ce retraité, "les gens ne savent que faire", "on n'était pas préparé" à une telle catastrophe. "Nous avons du mal à nous rendre compte de ce qui nous est arrivé", a-t-il ajouté.

De violentes pluies, dues au phénomène climatique El Niño, affectent depuis plusieurs semaines la région des Andes, dans le nord-ouest de l'Amérique latine. Elles provoquent des inondations également au Pérou, où 101 morts et plus de 900.000 sinistrés ont été répertoriés à ce jour, ainsi qu'en Equateur qui déplore 21 morts et 1.280 sinistrés.

"La situation à Mocoa est dramatique. Nous appelons à la solidarité de toute la Colombie", a tweeté le vice-ministre de l'Intérieur, Guillermo Rivera.

Dans la soirée de vendredi, il est tombé 130 millilitres de pluie, 30% de la moyenne mensuelle à Mocoa, a précisé M. Santos. La tragédie s'est produite à la suite du débordement des rivières Mocoa, Mulato et Sangoyaco, situées en surplomb de la ville, et qui ont provoqué une "grande coulée" de boue, selon l'armée.

"Nous sommes en danger de mort, l'eau arrive déjà à la moitié de la maison", a relaté avec des sanglots dans la voix Laura Montoya, selon le site web de la présidence.

"C'est une tragédie sans précédent, (il y a) des centaines de familles que nous n'avons pas encore retrouvées, des quartiers entiers disparus", a déclaré la gouverneure du Putumayo, Sorrel Aroca, à W Radio.

Les commerces ont été fermés après "des pillages de lieux vendant de l'eau" dans la nuit, a déclaré à l'AFP un pompier, David Silva, en précisant que la plupart des quartiers affectés étaient habités par des déplacés du conflit armé qui déchire la Colombie depuis les années 60.

- Solidarité internationale -

Diego Suarez, de l'Institut d'hydrologie, de météorologie et d'études environnementales de Colombie (Ideam), a déclaré à Caracol Radio que les précipitations sur Mocoa devraient aller "en décroissant progressivement" à partir de dimanche.

Plus d'un millier de militaires et de policiers ont été détachés pour participer aux secours, selon un communiqué du ministre de la Défense, Luis Carlos Villegas, qui s'est rendu à Mocoa avec le président et d'autres membres du gouvernement.

Une équipe de crise a été mise en place avec les autorités locales et environ 150 autres personnes qui participent aux opérations de secours, a précisé à l'AFP le directeur de l'Unité nationale de gestion des risques de catastrophe (UNGRD), Carlos Ivan Marquez.

Cet organisme public a indiqué dans un communiqué que plus de sept tonnes de matériels d'approvisionnement en eau, en électricité et d'attention médicale avaient été expédiées à Mocoa.

La France, l'Union européenne, l'Allemagne, l'Espagne, le Brésil, l'Equateur et le Venezuela, parmi d'autres, ont exprimé leur solidarité après la catastrophe.

Le "changement climatique génère des dynamiques et nous en voyons les graves résultats en termes d'intensité, de fréquence et de magnitude (...) comme à Mocoa", a déclaré à l'AFP Martin Santiago, chef de la délégation de l'ONU en Colombie.

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