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31/03/2017 09:09 EDT | Actualisé 31/03/2017 09:09 EDT

Nouveau référendum sur l'indépendance de l'Écosse: la balle est dans le camp de Londres

La Première ministre de l'Ecosse, Nicola Sturgeon, a formellement demandé vendredi au gouvernement britannique "le pouvoir d'organiser un second référendum d'indépendance", deux jours après le déclenchement de la procédure de sortie de l'Union européenne.

La dirigeante du parti national écossais SNP a fait parvenir une lettre à la Première ministre britannique Theresa May dans laquelle elle souligne que "le peuple écossais doit avoir le droit de choisir son propre avenir".

Le Parlement régional, dominé par les indépendantistes du SNP, s'est prononcé mardi, par 69 voix contre 59, en faveur de ce nouveau référendum, moins de trois ans après celui perdu en septembre 2014 (55% contre 45%).

Mme Sturgeon, qui justifie la tenue d'un second référendum par le vote de 62% Ecossais en faveur d'un maintien dans l'UE, souhaite que la nouvelle consultation ait lieu entre fin 2018 et début 2019.

Elle a déclaré en début de semaine qu'il serait "démocratiquement indéfendable" que Londres refuse d'accéder à la demande du Parlement écossais d'un nouveau référendum.

Mais la Première ministre britannique Theresa May a déjà prévenu que ce n'était "pas le bon moment", alors que vient de débuter une période de deux ans de discussions complexes avec Bruxelles pour négocier le Brexit.

Nicola Sturgeon a besoin de l'accord du gouvernement et du Parlement de Westminster pour organiser cette seconde consultation.

Si Theresa May a le pouvoir de bloquer l'initiative, les analystes estiment qu'il sera compliqué de la repousser indéfiniment.

Anticipant un rejet de Londres, Mme Sturgeon a indiqué qu'elle allait annoncer après les vacances de Pâques les prochaines étapes de son projet.

Il lui restera à convaincre les Ecossais du bien-fondé d'un nouveau référendum. Selon un sondage publié vendredi par l'institut Survation, 46% préféreraient s'en passer alors qu'ils seraient 41% à y être favorables.

Dans la même enquête, 48% des Ecossais se disent opposés à l'indépendance, contre 43% à souhaiter une rupture avec le reste du Royaume-Uni (9% d'indécis).

A défaut d'entraver le processus, Theresa May pourrait chercher à devenir maîtresse du calendrier en repoussant au maximum la date d'un nouveau référendum, au-delà de la sortie effective du Royaume-Uni de l'UE, prévue dans deux ans.

Mme May est déterminée à tout faire pour sauvegarder l'unité du Royaume-Uni, mise à rude épreuve depuis le référendum du 23 juin 2016 lors duquel près de 52% des Britanniques ont opté pour le Brexit.

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