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30/03/2017 07:55 EDT | Actualisé 31/03/2018 01:12 EDT

UE: des dirigeants européens promettent de lutter contre le populisme

Des dirigeants européens chrétiens-démocrates ont mis en garde jeudi contre la tentation populiste, qui ne résout rien selon eux, promettant de se mobiliser pour la combattre, 24 heures après le déclenchement du Brexit.

"Nous devons défier les populistes, nous devons dire haut et fort qu'ils sont le contraire d'un patriotisme moderne", a affirmé le président du conseil européen Donald Tusk, devant les délégués du Congrès du Parti populaire européen (PPE), regroupant les partis de droite dans l'Union européenne, réunis mercredi et jeudi à Malte.

"Jamais un parti populiste n'a apporté une quelconque réponse à son peuple", a renchéri le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy,

Rassemblée dans un grand hôtel de La Valette, la famille chrétienne-démocrate européenne s'est surtout inquiétée de la montée des populismes, de droite comme de gauche, du nationalisme et des illusions qu'ils entraînent, selon eux.

"Nos sociétés, démocraties et économies ouvertes au sein de l'Union européenne sont menacées par ceux qui ont la nostalgie d'un nationalisme nuisible pour notre prospérité et nos valeurs", indique un document adopté par le PPE à Malte, 24 heures après la décision du Royaume-Uni de lancer le compte à rebours avant sa sortie de l'UE.

Sans jamais citer, à moins d'un mois de l'élection présidentielle en France, aucun de ceux qui selon lui menacent l'UE, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a néanmoins mis en garde les peuples contre les réponses "stupides et dangereuses".

- 'Ne plus énerver les gens' -

Les souverainistes accréditent l'idée, a-t-il expliqué, que "l'UE et Bruxelles exigent une réduction du patriotisme", comme ils l'ont fait par exemple pendant la campagne avant le vote en faveur du Brexit.

Mais "c'est une vision qui est à la fois stupide et dangereuse", a-t-il insisté dans son discours jeudi. "Notre mission devrait être de faire comprendre aux Européens que c'est exactement le contraire".

Et "je propose que nous nous mettions en route car sinon les populistes vont continuer à courir", a lancé de son côté le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ajoutant avoir "décidé de ne plus énerver les gens" avec trop de législation européenne.

"Nous n'avons pas toujours écouté comme nous l'aurions dû les peuples et nous avons provoqué leur colère", a reconnu le Premier ministre irlandais, Enda Kenny.

Son homologue hongrois Viktor Orban, coutumier des tirades anti-immigration, s'est montré nettement plus direct.

"Le langage du politiquement correct est incapable d'identifier le vrai danger représenté par l'immigration, cheval de Troie du terrorisme", a-t-il affirmé, dénonçant à ce sujet ce qu'il perçoit comme l'aveuglement des dirigeants européens de gauche, faisant selon lui le lit des populistes.

"La gauche veut laisser entrer des millions de musulmans (...). Ce serait fatal, on perdrait notre identité chrétienne", a-t-il encore lancé.

Les valeurs chrétiennes et la nécessité de s'unir autour de cette identité chrétienne ont été avancés par plusieurs dirigeants.

"Nous devons nous demander quelle est notre identité. Nous au PPE, nous partageons les valeurs de liberté, de justice et de solidarité mais dans notre parti, nous sommes aussi chrétiens", a ainsi déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel.

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