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30/03/2017 09:31 EDT | Actualisé 31/03/2018 01:12 EDT

Présidentielle en France: journal de campagne à 24 jours du 1er tour

A 24 jours de l'élection présidentielle en France, le candidat de gauche Benoît Hamon a de nouveau dénoncé le soutien de l'ex-Premier ministre socialiste Manuel Valls au centriste Emmanuel Macron, au détriment de son propre camp. Dans la foulée, le conservateur François Fillon a rebaptisé le candidat Macron.

La principale Eglise protestante française a confié craindre une possible "catastrophe" à l'élection présidentielle, "autour de la double tentation" de l'abstention et du vote Front national.

- 'Manque de cohérence' -

Le candidat socialiste Benoît Hamon a dénoncé la "grande faillite morale des élites" après la décision de l'ex-Premier ministre socialiste Manuel Valls (2014-2016) de voter pour Emmanuel Macron, alors que les sondages prédisent un face-à-face entre le candidat centriste et la chef de file de l'extrême droite Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, le 7 mai.

"Ce n'est pas tant le manque de loyauté à mon égard -objectivement je ne m'attendais pas à grand chose de la part de Manuel Valls-, mais c'est l'acte qui consiste à ne pas respecter la démocratie pour combattre quoi ? Un péril démocratique. J'y vois là un manque absolu de cohérence et une démonstration d'une grande faillite morale des élites politiques françaises", a fustigé Benoît Hamon.

Interrogé sur son état d'esprit, alors qu'il traverse une mauvaise phase dans les sondages, le candidat socialiste a mis en avant sa volonté: "Parler de mon projet, mon projet, mon projet."

- 'Emmanuel Hollande' -

A droite, le candidat François Fillon a concentré ses attaques sur Emmanuel Macron, rebaptisé "Emmanuel Hollande". Sa proximité avec l'impopulaire président sortant est selon lui "symbolisée encore hier par le ralliement de Manuel Valls".

Quant à l'affaire d'emplois fictifs qui lui a valu une inculpation, ainsi qu'à sa femme Penelope, et empoisonne sa campagne, "jamais les juges ne pourront démontrer que l'emploi de mon épouse était fictif", a-t-il assuré. "La démonstration a été faite que cette accusation était fausse. Il y a un nombre de témoignages considérables. Des preuves matérielles, des témoignages".

- Grand oral des candidats face aux agriculteurs -

Sept candidats, dont Emmanuel Macron, Marine Le Pen et François Fillon, ont passé un "grand oral" devant le monde rural réuni à Brest (ouest).

Le candidat conservateur a été le plus applaudi, déclarant qu'il fallait "arrêter d'emmerder les agriculteurs" qui cumulent "les difficultés: crises sanitaires, accidents climatiques, prix extrêmement fluctuants et beaucoup trop bas pour couvrir (les) coûts".

La patronne du parti anti-immigration et anti-euro Front national a elle attaqué la Politique agricole commune (PAC) européenne, cette "catastrophe".

L'euro-enthousiaste Macron s'est prononcé pour "une Europe qui fonctionne de la même manière partout". "Nous avons besoin, vous avez besoin de l'Europe, tous les projets qui vous promettent de vous séparer de l'Europe, de vivre hors de l'Europe vous mentent", a-t-il martelé.

- Les retraités s'invitent dans la campagne -

De Paris à Toulouse ou Marseille, des centaines de retraités ont battu le pavé jeudi pour interpeller les candidats sur la baisse de leur pouvoir d'achat et réclamer une hausse de leurs pensions, qui stagnent depuis 2013.

"Il y a tant d'économies non faites aujourd'hui en France qu'on peut parfaitement cesser de faire payer toujours les mêmes, y compris les retraités", a réagi dans un communiqué la candidate du FN, qui peine à séduire l'électorat senior.

- Les protestants inquiets -

L'Eglise protestante unie de France (EPUdF) dit craindre une possible "catastrophe" à l'approche du scrutin.

"Les échecs des sondages et les péripéties d'une campagne délétère empêchent tout pronostic assuré. Mais il est possible qu'une catastrophe soit en train de se nouer, autour de la double tentation de l'abstention et du discours nationaliste et xénophobe de l'extrême droite", a estimé un responsable de la principale Eglise protestante française, qui revendique 250.000 participants à ses activités.

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