NOUVELLES
30/03/2017 09:38 EDT | Actualisé 31/03/2018 01:12 EDT

Le nombre de réfugiés syriens franchit la barre des cinq millions

Le nombre de Syriens ayant trouvé refuge dans des pays voisins pour fuir la guerre qui décime leur patrie depuis maintenant plus de six ans a franchi pour une première fois la barre des cinq millions, a annoncé jeudi le Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (HCR).

En date du 23 mars, l'agence onusienne recensait très exactement 5 018 168 réfugiés syriens dûment enregistrés auprès d'elle, ce qui représente entre le quart et le cinquième de la population que comptait le pays avant que le soulèvement d’une partie de la population, en mars 2011, ne dégénère en guerre civile. Parmi eux, 487 064 vivent dans des camps.

La grande majorité de ces réfugiés, soit environ trois millions de personnes, vivent en Turquie, où ils viennent grossir les rangs d’une population qui frise les 80 millions de personnes.

Depuis l’accord Union européenne-Turquie, conclu il y a un an, ces réfugiés ont d’ailleurs intérêt à s’enregistrer officiellement auprès de l’ONU; seuls ceux qui l’ont fait peuvent espérer déposer un jour une demande d’asile dans un pays du Vieux Continent.

Environ un million de Syriens ont trouvé refuge au Liban et 657 000 poursuivent leur vie en Jordanie, deux pays beaucoup plus petits que la Turquie. Le premier compte un peu plus de six millions d’habitants, le second, un peu plus de huit millions.

D’autres Syriens ont pris la route de l’Irak (233 000), autre pays voisin décimé par des conflits, voire de l’Égypte (120 000) ou d’un pays de l’Afrique du Nord (29 000).

Tout au long de 2016, le nombre total de réfugiés était resté stable, autour de 4,8 millions de personnes. Selon l’ONU, l’augmentation des dernières semaines s’explique en partie par la chute d’Alep, survenue à la mi-décembre.

L'importance d'en faire plus

Le HCR profite de la diffusion de ces plus récentes données pour presser la communauté internationale de « faire davantage » d’efforts pour aider ces réfugiés, qui vivent le plus souvent dans une grande pauvreté. Il y a un an, l’ex-secrétaire général de l’ONU avait demandé aux pays développés d’accueillir 500 000 réfugiés, mais seuls 250 000 d’entre eux l’ont été.

Ces engagements généreux sont les bienvenus et sont un symbole important de la solidarité et du partage des responsabilités de la communauté internationale. Pour atteindre cet objectif, nous devons maintenant accélérer ses efforts en 2017 et au-delà.

Filippo Grandi, haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés

Ces Syriens sont toutefois loin d’être les seuls à avoir quitté leur foyer. Environ 6,3 millions de citoyens demeurent en exil à l’intérieur des frontières du pays, et ne sont donc pas comptabilisés par le HCR. D'autres ont quitté le pays, mais sans s'enregistrer formellement.

L’agence recense en outre 884 461 demandes d’asile déposées par des Syriens dans 37 pays européens, bien que les deux tiers l’aient été en Allemagne et en Suède. Ce chiffre demeure imprécis puisque certains réfugiés déposent des demandes dans plus d’un pays.

Qui plus est, des centaines de milliers de Syriens sont partis vivre dans des pays qui n’ont pas signé la Convention de Genève relative au statut des réfugiés, et qui ne sont pas comptabilisés par le UNHCR, comme l’Arabie saoudite, le Qatar ou les Émirats arabes unis.

Au total, on estime donc qu’environ la moitié de la population syrienne a été chassée de son domicile par le conflit armé, qui est toujours en cours.

Dans son plus récent bilan, il y a deux semaines, l’Observatoire syrien des droits de l’homme, qui est basé à Londres, mais s’appuie sur un réseau de contacts dans le pays, estimait que le conflit avait aussi fait 321 000 morts et signalait 145 000 personnes portées disparues.