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30/03/2017 16:15 EDT | Actualisé 31/03/2018 01:12 EDT

Le long détour de Jonathan Marchessault

« À ma deuxième année à Springfield, un match sur trois, je revenais et je n'étais pas dépressif, mais j'avais les bras à terre. C'est difficile de remonter la pente quand ça fait quatre ans que tu fais la même chose dans la Ligue américaine et tu te demandes si tu vas l'avoir ta chance. »

Un texte d'Alexandre Gascon

Jonathan Marchessault est passé, en l’espace de deux ans, de joueur de la Ligue américaine à joueur d’utilité à marqueur de 30 buts dans la Ligue nationale…ou presque.

Il ne manque qu’un filet au Québécois pour atteindre ce prestigieux plateau de plus en plus rarissime dans la LNH, que 17 joueurs ont franchi jusqu’à présent cette année. Il pourrait y parvenir dès jeudi soir au Centre Bell à l’occasion de la visite des Panthers de la Floride à Montréal.

Jusqu’en 2014, Marchessault vivotait dans la Ligue américaine avec le club-école des Blue Jackets de Columbus, les Falcons de Springfield.

Les rappels étaient rares, une seule fois pour un total de deux matchs, à un point tel que Marchessault voyait le rêve s’éloigner et songeait parfois à poursuivre sa carrière en Europe.

« Je n'ai jamais lâché, explique-t-il. Dès que je commence quelque chose, je n’arrête pas. Je ne pourrais même pas te dire si du monde croyait que je pourrais jouer junior majeur (LHJMQ), que je pourrais jouer dans l'East Coast League, dans la Ligue américaine. Chaque année, ça me donnait de l’énergie de voir qu’il y avait du monde qui ne pensait pas que je me rendrais là. Je veux juste me battre et surprendre. »

De Tampa Bay à Sunrise

C’est mission accomplie pour l’ancien des Remparts, qui en a surpris plus d’un à sa première saison complète dans la grande ligue.

Le Lightning de Tampa Bay a été le premier à lui donner sa chance l’an dernier même si, du propre aveu du joueur, il était « un petit peu un bouche-trou ». Il a tout de même inscrit 18 points en 45 rencontres.

Les Panthers le voyaient dans un tout autre rôle que celui de joueur de soutien quand ils lui ont consenti un contrat de deux saisons pour 1,5 million de dollars.

Même si le Lightning a déposé une offre semblable sur la table, Marchessault a préféré ce que lui faisaient miroiter les Panthers.

Les Panthers me disaient que j’allais faire partie de leur histoire et c’est tout ce que je voulais comme occasion.

Jonathan Marchessault, attaquant des Panthers

« On a regardé les statistiques avancées sur lui, un peu de vidéo. On l’avait surtout repéré quand il jouait à Tampa Bay l’an dernier et, encore une fois, dans le temps de l’AHL, je l’ai souvent vu à l’œuvre et je me disais qu’il pourrait bien s’intégrer avec nous », a raconté l’entraîneur et directeur général, Tom Rowe, après l’entraînement des Panthers jeudi midi.

« Jonathan a été incroyable, a poursuivi Rowe. Il a performé à un très haut niveau. Il a tout ce qu’il mérite. Le fait qu’il arrive et approche de 30 buts (29) ne nous surprend pas tant que ça. On l’avait identifié comme un marqueur de 20 buts, au moins. »

« Maintenant, on va peut-être s’attendre à 35 ou 40 », a-t-il lancé, tout sourire.

Rigueur et travail

Elles sont loin les années de hockey junior où Patrick Roy, son entraîneur avec les Remparts de Québec, l’envoyait patrouiller dans le quatrième trio parce qu’il trouvait que le talentueux athlète ne jouait pas assez en équipe.

À 26 ans, jamais repêché, Marchessault a toujours joui d’un soutien indéfectible de sa femme et de leurs deux enfants. Il a développé, au fil des ans, une éthique constamment vantée par ses coéquipiers qui lui vaut aujourd’hui un statut de joueur de la LNH confirmé.

Il joue dans un troisième trio offensif en compagnie de Nick Bjugstad et de Thomas Vanek dans la première unité de l’avantage numérique floridien.

Quand le doué Jonathan Huberdeau a subi une rupture du tendon d’Achille, Gerard Gallant, alors le pilote des Panthers, n’a pas hésité à envoyer Marchessault dans la première ligne avec Aleksander Barkov et Jaromir Jagr.

On l’a mis là et on aurait dit qu’il y jouait depuis toujours. Il a une grande confiance en ses moyens, il ne s’assoit pas sur le siège arrière. C’est sa première année complète dans la Ligue nationale de hockey et on dirait que ça fait 10 ans qu’il est ici. Ses coéquipiers l’adorent. Il est amusant, il garde l’ambiance détendue.

Tom Rowe, entraîneur-chef des Panthers

« C’est un gars tout le temps souriant, confirme Jonathan Huberdeau. C’est un petit clown. Il aime rire et avoir du fun et il amène de l’énergie à l’équipe. »

Gâcher la fête à Montréal?

Le Canadien pourrait rire jaune si le Québécois et ses comparses le privaient de qualification officielle pour les séries éliminatoires, jeudi soir.

Le Tricolore pourrait en effet confirmer sa place avec une victoire en temps réglementaire ou en prolongation.

À l’inverse, après avoir été sacrés champions de l’Atlantique l’an dernier, les Panthers sont exclus du tournoi printanier.

Leur séquence de huit revers en neuf matchs (1-7-1), entre le 22 février et le 11 mars, les aura repoussés définitivement hors du portrait.

« Je ne sais pas ce qui est arrivé », a tenté d’expliquer Huberdeau.

« On ne jouait pas bien pantoute. Pendant que moi et Barkov on était blessés, l’équipe a bien fait. Les joueurs ont gardé l’équipe dans une place pour les séries. On est revenus, ça allait bien encore, mais pendant 10 matchs ç’a mal été et c’est pour ça qu’on est sortis », a-t-il conclu.