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30/03/2017 13:44 EDT | Actualisé 31/03/2018 01:12 EDT

Le chef de l'OEA dénonce un coup d'Etat au Venezuela

Le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA) a dénoncé jeudi "un coup d'Etat auto-infligé" au Venezuela, où le président Nicolas Maduro concentre désormais l'ensemble des pouvoirs après la décision de la Cour suprême de s'octroyer les attributions du Parlement.

Les Etats-Unis, membres de l'OEA, ont de leur côté dénoncé peu après un "grave recul pour la démocratie".

"Les Etats-Unis condamnent la décision du 29 mars de la Cour suprême du Venezuela d'usurper les pouvoirs de l'Assemblée nationale démocratiquement élue", a déclaré le porte-parole du département d'Etat américain, dans un communiqué.

Réputée proche du pouvoir, la plus haute juridiction du Venezuela a décidé dans la nuit de mercredi à jeudi de s'approprier les prérogatives du Parlement, dont celle d'édicter des lois. Elle avait privé mardi les députés de l'Assemblée nationale, où l'opposition est majoritaire, de leur immunité.

Le régime présidentiel vénézuélien concentre à présent tous les pouvoirs: exécutif, armée, justice et législatif.

Ces deux décisions de la Cour suprême représentent "les derniers coups avec lesquels le régime bouleverse l'ordre constitutionnel du pays et met fin à la démocratie", a dénoncé le secrétaire général de l'OEA, Luis Almagro, dans un communiqué.

Le chef de cette organisation régionale, rassemblant les 35 pays du continent américain dont le Venezuela et basée à Washington, regrette en outre que "ce contre quoi nous avions mis en garde s'est malheureusement produit".

La décision de la Cour suprême traduit une escalade supplémentaire dans la crise politique qui agite ce pays pétrolier depuis la large victoire de l'opposition antichaviste (du nom de l'ancien président Hugo Chavez, 1999-2013) aux élections législatives fin 2015, pour la première fois en 17 ans.

La prochaine élection présidentielle est prévue pour décembre 2018. Les élections régionales prévues fin 2016 ont elles été reportées à la fin du premier semestre 2017. Aucune date de scrutin n'a pour le moment été fixée.

Les relations entre Luis Almagro, ex-ministre uruguayen des Affaires étrangères et Caracas sont exécrables.

M. Almagro avait menacé mardi de suspendre le Venezuela de l'OEA si des élections générales n'y étaient pas rapidement organisées.

"Face à l'agression de ce petit traître, inepte, appelé Luis Almagro, le Venezuela ne va pas rester les bras croisés et silencieux, nous allons répondre durement. Personne ne peut menacer le Venezuela, et en tout cas pas cette ordure d'être humain", avait réagi M. Maduro.

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