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29/03/2017 20:53 EDT | Actualisé 30/03/2018 01:12 EDT

JO-2016: la crise du sport brésilien n'épargne pas les médaillés

En août, les Brésiliens Robson Conceição, Isaquias Queiroz et Maicon Andrade ont connu la gloire en grimpant sur le podium olympique à domicile. Sept mois après les JO de Rio-2016, ils sont loin d'avoir obtenu les retours financiers escomptés.

Témoignages de médaillés qui pensaient changer de vie mais ont déchanté à cause de la crise économique et des incertitudes qui minent le sport brésilien.

Robson Conceição, premier médaillé d'or de l'histoire de la boxe brésilienne (-60kg): "À part la reconnaissance du public, cette médaille ne m'a rien rapporté, aucune entreprise ne m'a approché. Comme j'ai gagné une médaille inédite, je pensais que ma situation allait s'améliorer. C'est difficile à expliquer. Je crois que la crise à bon dos, les gens ne sont juste pas disposés à soutenir les sportifs."

Isaquias Queiroz, premier Brésilien à gagner trois médailles dans les mêmes JO (argent en canoë C1 1000 m et C2 2000 m, bronze en C1 200 m): "Tout le monde m'a dit que les sponsors allaient se bousculer mais ce n'est pas du tout ce qui est arrivé. Au contraire, j'en ai perdu deux, les contrats n'ont pas été renouvelés en fin d'année. Mais ne sert à rien de se désespérer, je dois juste continuer à m'entraîner."

Maicon Andrade, premier médaillé de l'histoire du taekwondo brésilien chez les hommes (bronze dans la catégorie +80 kg): "Je pensais que la situation du taekwondo brésilien allait s'améliorer mais elle n'a fait qu'empirer. C'est une déception totale. Nous n'avons pas de sponsor et la Fédération nous a prévenu qu'elle ne pourra pas payer les frais de voyage pour les Mondiaux de juin en Corée du Sud. C'est déstabilisant parce que je dois d'abord me qualifier et ensuite, il faut encore que je m'occupe du billet d'avion et de l'hôtel, le tout en dernière minute. Je suis triste parce que je pensais que le fait de gagner une médaille pour mon pays allait tout changer du jour au lendemain. Il ne me reste qu'à rêver et à prier."

lg/mca