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30/03/2017 01:34 EDT | Actualisé 31/03/2018 01:12 EDT

Hong Kong: un militant démocrate condamné à la prison

Un militant démocrate a été condamné jeudi à Hong Kong à trois mois de prison pour son rôle dans la "révolte des parapluies" en 2014 et neuf autres ont comparu en justice dans un contexte d'inquiétudes accrues pour les libertés de l'ex-colonie britannique.

Cette condamnation a été prononcée à peine quelques jours après la désignation de la favorite de Pékin Carrie Lam comme chef du gouvernement de Hong Kong par un comité électoral pour l'essentiel acquis à la Chine.

Alvin Cheng, 28 ans, qui a défendu par le passé l'indépendance du territoire revenu en 1997 sous tutelle chinoise, a été condamné à trois mois de prison pour outrage à magistrat.

Ce chef découlait de son refus d'obéir à une ordonnance d'évacuation enjoignant aux manifestants de déguerpir d'un campement mis en place à l'automne 2014 dans un quartier commercial de Mong Kok, sur la partie continentale de Hong Kong.

Pendant ce mouvement baptisé "révolte des parapluies", des quartiers entiers avaient été paralysé par des manifestants qui réclamaient un véritable universel pour le scrutin de 2017. Pékin n'avait pas cédé une once de terrain.

Pour le juge Andrew Chan, Alvin Cheng n'a pas fait preuve de "repentir".

Un autre militant, Au Yuk-kwan, a été condamné à une amende de 10.000 dollars hongkongais (1.200 euros) et un mois de prison avec sursis pour le même motif.

Parallèlement, neuf autres participants à la "révolte des parapluies" inculpés de troubles à l'ordre public ou incitation ont comparu en justice jeudi.

Ces militants, âgés de 22 à 73 ans et parmi lesquels figurent des étudiants, des professeurs et des députés, avaient été inculpés au lendemain de la désignation de Mme Lam dimanche. Ils risquent jusqu'à sept ans de prison.

Après une brève audience, l'affaire a été renvoyée au 25 mai.

Le territoire semi-autonome de Hong Kong jouit en théorie jusqu'en 2047 de libertés inconnues sur le continent, en vertu du principe "un pays, deux systèmes" qui avait présidé à sa rétrocession à la Chine.

Mais 20 ans après, de nombreux habitants ont l'impression que Pékin tourne le dos à ce principe destiné à protéger le mode de vie hongkongais.

Mme Lam, figure haïe par le camp démocrate, prendra ses fonctions le 1er juillet, qui marquera aussi le 20è anniversaire de la rétrocession. Le président chinois Xi Jinping est attendu à Hong Kong à cette occasion.

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