NOUVELLES
30/03/2017 07:35 EDT | Actualisé 31/03/2018 01:12 EDT

Espagne/corruption: les conservateurs visés par une enquête parlementaire

Le parlement espagnol a décidé jeudi de créer une commission d'enquête sur le financement présumé illégal du parti conservateur au pouvoir, une première victoire pour les formations Podemos et Ciudadanos qui s'étaient créées notamment pour dénoncer la corruption.

La création de la commission avait été proposée par Podemos (gauche radicale) et ses alliés, mais aussi Ciudadanos, de centre-droit, qui ont émergé au niveau national en 2015. Le Parti socialiste a également appuyé cette initiative qui ne pouvait être bloquée par le Parti populaire (PP, conservateur), car il ne dispose que de 137 élus sur 350.

L'initiative a été validée à l'unanimité des 316 élus présents au congrès des députés jeudi, les parlementaires conservateurs acceptant finalement de la soutenir.

La corruption galopante, principalement l'attribution de contrats publics en échange de pots-de-vin, empoisonne la vie politique espagnole depuis des années, scandalisant d'autant plus l'opinion publique lorsque le pays s'enfonçait dans la crise, après 2008.

Elle a touché tous les partis et même des syndicats mais le PP, au pouvoir à Madrid et dans une majorité de régions où il tenait les cordons de la bourse, était ces dernières années en première ligne.

Les affaires lui ont en partie fait perdre sa majorité absolue lors des élections législatives de décembre 2015.

Plus récemment, un ancien trésorier, Luis Barcenas, a admis devant la justice que le "parti a disposé de ressources qui n'apparaissaient pas dans sa comptabilité officielle", ajoutant qu'il s'agissait de donations d'hommes d'affaires.

Luis Barcenas s'exprimait dans le cadre du procès dit du réseau Gürtel, dirigé par l'homme d'affaires Francisco Correa, qui distribuait pots-de-vin et cadeaux à des membres du PP en échange de marchés.

Cette affaire avait notamment entraîné la démission de la ministre de la Santé Ana Mato, dont l'ex-mari aurait profité des cadeaux du réseau.

Bien que la justice soit saisie de nombreux dossiers, une enquête est indispensable "pour éliminer tout doute sur le fonctionnement correct des institutions en Espagne", lit-on dans l'exposé de motifs des partis à l'initiative de cette commission.

Celle-ci aura pour vocation de mettre à jour "les différents réseaux de dons illégaux, d'attribution de contrats publics et d'autres mécanismes de financement" illégal.

Le délit de financement politique illégal n'existe en Espagne que depuis 2015.

avl/mck/av/emd