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29/03/2017 21:41 EDT | Actualisé 30/03/2018 01:12 EDT

Des organismes de défense des droits à bout de souffle en Outaouais

Des organismes de défense des droits sont exaspérés de constater que le budget provincial ne prévoit aucune augmentation de financement pour aider à tenir leurs activités. Plusieurs de ces organismes de la région disent faire face à un sous-financement devenu intenable.

Les organismes de défense de droits disent recevoir un financement moyen de 54 000$. Certains ne recevraient que 30 000$ annuellement. Aucune politique d’indexation n’existe et le financement est gelé depuis plus de 10 ans.

La situation est telle que le directeur de l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) de l’Outaouais, René Coignaud, terminait ses fonctions mercredi, faute de fonds. Son de cloche similaire chez la table ronde des organismes volontaires d’éducation populaire de l’Outaouais (TROVEPO) et Action santé Outaouais qui sont même menacés de fermeture.

Le directeur d'Action santé Outaouais, Jean-Charles Pichereau, soutient qu'avec 45 675 $ par an, ce qui comprend les frais de bureau et le salaire du directeur, il n'est plus possible en 2017 de joindre les deux bouts.

« Si il n'y a plus d'organismes de défense collective des droits dans le communautaire, qui va le faire? » affirme M. Pichereau dans le cadre d'une table ronde diffusée à l'émission Sur le vif.

Il va arriver que soit on coupe mon poste ou soit qu'Action santé Outaouais ferme ses portes.

Jean-Charles Pichereau, directeur d'Action santé Outaouais

M. Pichereau, René Coigneaud et Rachel Larocque (TROVEPO) s'entendent tous pour dire que les salaires des dirigeants de ces groupes communautaires sont bien en deçà de ce qu'on retrouve dans des postes similaires dans le secteur privé. Encore dans le budget 2017-2018, le gouvernement du Québec n'a pas indexé les allocations aux organismes de défenses des droits, alors qu'environ 19 millions de dollars sont déboursés pour l'ensemble des organisations, partout dans la province.

M. Pichereau soutient avoir alerté tous les députés de la région de l'Outaouais et avoir demandé une rencontre d'urgence pour se pencher sur la situation actuelle.

« Je pense qu'il y a un désir du gouvernement de ne pas favoriser un organisme. Ce sont ces organismes qui remettent en question les décisions du gouvernement. Je pense qu'il n'y a pas un désir d'augmenter ces sommes », affirme Mme Larocque.

Avec les informations de Vanessa Costa