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30/03/2017 15:54 EDT | Actualisé 31/03/2018 01:12 EDT

« Blatter ne m'a jamais défendu » - Michel Platini

L'ancien président de l'UEFA Michel Platini est sorti de son silence, jeudi, dans les colonnes du journal français Le Monde. Il traite l'ancien président de la FIFA Joseph Blatter de « gros égoïste ».

Michel Platini, suspendu pour quatre ans, a accepté de commenter une enquête du quotidien français sur les dessous de son départ forcé.

Il a suivi l'Euro de loin, « comme un téléspectateur, avec bière, pizza et amis », a-t-il dit, mais il a aussi réfléchi sur la fin de carrière au sein de la FIFA, confirmée par une suspension de quatre ans.

« Les diverses instances internes de la FIFA ont été instrumentalisées par les personnes qui tiraient les ficelles, explique-t-il. J'ai toujours vécu dans l'espoir qu'elles diraient la vérité. Mais ce n'est jamais arrivé.

« Ce sont les membres de l'administration qui donnent de l'argent aux fédérations nationales. Cela leur donne un grand pouvoir, on leur tire le tapis rouge. Ce sont eux les patrons, à la FIFA », ajoute l'ancien international français.

Michel Platini souligne le rôle qu'a joué le Suisse Joseph Blatter dans sa chute.

« À la fin, il défendait sa peau, précise M. Platini. Blatter ne défend personne d'autre. Il ne m'a jamais défendu. C'est le plus gros égoïste que j'ai vu de ma vie. »

Et il croit que la jalousie a modelé l'attitude du dirigeant suisse.

« Il a toujours dit que je serais son dernier "scalp", rappelle M. Platini. Je sais qu'il faisait une fixation sur moi, à la fin, depuis le ''enough is enough'' du 28 mai 2015. Sans compter la jalousie qu'il a pour le footballeur que j'étais. Je l'ai vu, la dernière fois, au TAS, en août 2016. C'était comme si de rien n'était de son côté. Il faisait des blagues. »

Rappelons que Michel Platini avait le 28 mai 2015 demandé la démission de Jospeh Blatter après les premières révélations du scandale.

« Moi qui aime la FIFA, moi qui a une grande admiration de la FIFA, moi qui suis cela depuis quelques années, je suis dépité, je suis écœuré et j'en ai marre, "enough is enough", trop c'est trop », avait-il lancé en conférence de presse, à Zurich, le 28 mai 2015.

L'ancien patron de l'UEFA dit dans les colonnes du Monde qu'il veut encore contribuer (« ce n'est pas terminé »), mais c'est « prématuré » pour lui de dire s'il envisage un retour dans les instances du monde du soccer.

« Je suis un peu dans la déception par rapport à tout ce que j'ai fait pour le football. 99 % des gens m'ont soutenu, mais seul 1 % m'a aidé. Il n'y a pas un mec qui s'est levé au niveau national, a-t-il déploré. J'espère avoir un signe de la fédération française. »