NOUVELLES
30/03/2017 09:34 EDT | Actualisé 30/03/2017 09:34 EDT

Déficit huit fois plus élevé que prévu au Centre Vidéotron?

Radio-Canada

L'opposition à l'hôtel de ville de Québec soutient que le déficit annuel du Centre Vidéotron est huit fois plus élevé que ce qu'avait « laissé miroité » le maire Régis Labeaume en 2011.

Un texte de Louis Gagné

La chef de Démocratie Québec, Anne Guérette, a présenté jeudi des chiffres sur les coûts annuels de gestion de l’amphithéâtre que son équipe a obtenus grâce à la loi sur l’accès à l’information. Selon les calculs effectués par le parti d’opposition, le déficit du Centre Vidéotron a été de 5,2 millions de dollars en 2016.

Anne Guérette a rappelé que le maire prévoyait en 2011 que le déficit du futur amphithéâtre, dans l’éventualité où Québec attendrait toujours l’arrivée d’une équipe de la Ligue nationale de hockey, ne s’élèverait pas à plus de 600 000 $ par année.

«On se pose de sérieuses questions sur le deal que le maire avait annoncé. Est-ce que le maire aurait menti à la population ou ne sait-il tout simplement pas comment compter?» - Anne Guérette, chef de Démocratie Québec

Un « pari risqué »

Selon Démocratie Québec, les revenus de loyer de 2,94 millions et de taxation de 2 millions envisagés par la Ville en 2011 ne se sont pas matérialisés. De plus, les montants tirés de la vente de billets seraient inférieurs à ceux qu’anticipait la municipalité.

En revanche, les coûts liés à l’emprunt contracté par la Ville pour financer l’amphithéâtre sont de 2 millions inférieurs à ceux qui étaient attendus en 2011.

« Les chiffres, dans la réalité, aujourd’hui, en 2017, ne correspondent pas du tout à ce que le maire avait annoncé aux citoyens pour aller chercher leur appui dans la construction de l’amphithéâtre », a dénoncé la chef de l’opposition.

Anne Guérette maintient que construire l’amphithéâtre avant d’avoir l’assurance qu’une équipe de la LNH s’y établirait était un « pari risqué ».

À noter que Démocratie Québec a sciemment choisi d’exclure, dans ses calculs, les revenus de stationnement puisqu’ils seraient annulés par les coûts liés à l'entretien et au déneigement.

La Ville apporte des nuances

La Ville de Québec a contesté certains chiffres avancés par l’opposition. Le vice-président du comité exécutif, Jonatan Julien, a mentionné que les revenus tirés de la vente de billets en 2016 s’élevaient à 1,264 million, et non à 1 million, comme l’affirme Démocratie Québec.

Il a ajouté que les coûts d’emprunt de 6,3 millions avancés par l’opposition correspondaient à des prévisions. La Ville aurait plutôt déboursé 5,2 millions de dollars en 2016.

Les coûts liés à l’entretien préventif du Centre Vidéotron seraient également inférieurs à ceux utilisés par Démocratie Québec dans ses calculs.

Selon Jonatan Julien, le déficit des coûts de gestion de l’amphithéâtre s’est élevé à 3,7 millions de dollars en 2016. Il a précisé que sur ce montant, 3 millions ont été alloués au remboursement du prêt contracté par la Ville.

Un « bon investissement »

Le vice-président du comité exécutif a mentionné qu’il fallait s’attendre à ce que cela prenne quelques années avant que le Centre Vidéotron génère des revenus de loyer de 2,94 millions.

En ce qui concerne les revenus de taxation de 2 millions de dollars que devait générer la construction de nouveaux immeubles autour du Centre Vidéotron, Jonatan Julien s’est dit « très confiant » qu’ils seront au rendez-vous à court ou à moyen terme. Il demeure convaincu que l’amphithéâtre « reste un bon investissement ».

Avec les informations de Louise Boisvert

VOIR AUSSI: