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28/03/2017 02:03 EDT

Andréanne A. Malette: l'artiste entrepreneure

Éva-Maude Tardif Champoux

Révélée par Star Académie en tant qu’auteure-compositrice-interprète en 2012, nommée porte-parole du Festival de la chanson de Granby en 2013 et fort bien reçue par le public et la critique avec son premier album Bohèmes en 2014, Andréanne A. Malette revient en force en 2017. Au programme : trois spectacles interactifs qui participeront à la création de son deuxième album, la nouvelle édition de sa tournée estivale Feu de camp et un nouveau rôle de productrice pour quatre artistes. Rencontre avec une artiste entrepreneure.

Au cours du dernier mois, tu as donné trois spectacles durant lesquels le public avait son mot à dire sur ton prochain album. Quel était le concept?

Je leur ai présenté 20 chansons écrites au cours des deux dernières années. C’était un show acoustique, informel, dans de petites salles à Montréal, Granby et Québec, devant des fans fidèles. Comme si je les avais invités dans mon salon, après avoir écrit une toune, pour leur demander ce qu’ils en pensent. Puisque je suis auteure, compositrice, interprète et productrice de mon prochain album, je suis très collée sur mon projet et j’avais besoin d’un œil extérieur. Et comme ce sont les fans qui vont écouter l’album, j’avais envie d’avoir leur avis. Durant les trois soirées, je leur ai remis une feuille avec les titres des chansons et un système de pointage. Les 12 plus populaires se retrouveront automatiquement sur l’album. Et si je tiens à l’une des exclues, je me réserve un droit de véto.

Comment se sont passés les spectacles?

J’étais tellement stressée et vulnérable. Ça faisait huit ans que je n’avais pas joué seule sur scène avec ma guitare. Je devais gérer mon lutrin avec mes paroles, des accords de guitare que je ne maîtrise pas encore parfaitement, des pédales à gauche et à droite. C’était beaucoup de gestion pour mon cerveau, mais ça s’est bien passé. J’avais averti le public au départ qu’il devait être créatif et imaginer les arrangements des chansons, parce que je leur proposais une version brute de mes compositions. Entre le spectacle et l’album, c’est certain qu’ils vont voir une évolution.

» Extrait dans un reportage de La Fabrique culturelle à Granby

En 2017, où es-tu rendue musicalement?

À l’adolescence, j’écoutais beaucoup de musique anglophone et mon style d’écriture s’est d’abord défini en anglais. Puis, à l’École nationale de la chanson, j’ai eu le réflexe d’écrire en français. Mais mon style francophone n’était pas exactement celui que je désirais. J’espérais faire du folk comme j’en écrivais en anglais, mais je n’y arrivais pas. Aujourd’hui, je pense que j’ai réussi. Je joue ce que j’écoute. Le premier album était surtout composé de guitare électrique, de basse et de batterie, alors que le deuxième sera plus de style roots, avec des guitares acoustiques, beaucoup de voix, des percussions aux sonorités amérindiennes et beaucoup de cordes.

Cet été, tu entreprendras la 2e édition de la tournée Feu de camp. Comment ça s’était passé l’an dernier?

Tellement bien! Je ne m’attendais à rien. J’avais lancé l’idée comme ça. Mais j’ai reçu 200 demandes de campings qui voulaient m’accueillir. On a finalement fait 40 spectacles durant l’été, mon guitariste et moi. Les gens ont beaucoup embarqué. L’ambiance était relaxe et hyper intime. Au lieu du beau-frère qui joue autour du feu, c’était une artiste professionnelle. J’étais payée pour chanter dans le bois, moi, la fille de nature qui adore la musique et le plein air. J’ai passé un été génial!

Tu vas produire d’autres artistes qui vont eux aussi sillonner les campings. Qui sont-ils?

François Lachance, qui a fait Star Académie en 2012 avec moi. David Paradis, un one man band incroyable, qui a participé à La Voix 4. Et le duo Beth et Couturier, qui est formé de Beth Cossette, la fille de Sylvain Cossette, et Félix-Antoine Couturier, qu’on a vu à La Voix 1. Je cherchais des artistes qui ne sont pas princesses. Pendant la tournée, on n’a pas de loge et on est avec le monde. Il me fallait des gens débrouillards, autonomes et capables de gérer leur système de son.

Quel est ton rôle avec eux?

J’agis à titre de bookeuse. Je vends leurs spectacles en me gardant un pourcentage. Je suis très attirée par l’entrepreneuriat et ça me motive beaucoup. Je veux faire grossir mon concept et que ça devienne un incontournable, tout en gardant ça très simple. Je priorise les artistes en solo ou en duo. Et je ne veux pas que leur participation à la tournée estivale entre en conflit avec leur tournée officielle. Ce n’est pas du tout la même formule. Cet été, les artistes vont surtout faire des chansons de feux de camp, une majorité des leurs et quelques-unes d’autres chanteurs.

Quel genre de carrière veux-tu construire au cours des prochaines années?

J’aime beaucoup ce qui se passe au Québec présentement. J’essaie de m’impliquer dans le monde artistique autour de moi, avant d’essayer de percer le marché anglophone. Et surtout, j’ai envie de faire de la musique pour passer un message. Je ne veux pas être connue à tout prix. Je veux faire de la musique et faire bouger les choses.

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