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25/03/2017 12:34 EDT

L'UE à 60 ans cherche un nouveau élan, en dépit du Brexit

Les dirigeants européens ont affirmé samedi à Rome leur volonté de prendre un nouveau départ, 60 ans après la signature du traité fondateur de leur Union, aujourd'hui fragilisée, y compris par le divorce décidé par le Royaume-Uni.

"Prouvez aujourd'hui que vous êtes les dirigeants de l'Europe", a lancé le président du Conseil européen, Donald Tusk aux 27 chefs d'Etat et de gouvernement réunis au Capitole, dans la même salle des Horaces et des Curiaces où fut signé le traité fondateur de l'Union européenne le 25 mars 1957.

Mais, sans la Première ministre britannique Theresa May, qui a décidé de lancer la procédure de séparation d'avec le bloc européen mercredi prochain.

Accueillis sous un soleil éclatant par le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni, les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 ont chacun à leur tour traversé la grande place du Capitole, dessiné par Michel-Ange, avant de signer un nouvel engagement solennel en faveur de l'Europe.

"Il y a des signatures qui durent", a affirmé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker en paraphant ce document, la "Déclaration de Rome", avec le même stylo utilisé il y a 60 ans par son prédécesseur luxembourgeois.

Union 'une et indivisible'

En 1957, l'Allemagne, la France, l'Italie et les pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) s'engageaient à "établir les fondements d'une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens".

Mais "nous nous sommes arrêtés et cela a provoqué dans l'opinion publique une crise de rejet, cela a fait refleurir les nationalismes qu'on pensait relégués aux oubliettes", a déclaré avant la cérémonie de signature le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni.

Cependant, a-t-il assuré, "nous avons appris la leçon, l'Union choisit de repartir".

Dans leur déclaration, les 27 réaffirment que leur "Union est une et indivisible", en réponse explicite au Brexit. "Nous ferons en sorte" que le Brexit ne se fasse pas "au détriment de l’Europe", a averti à ce sujet le président français François Hollande.

C'est pourtant une Europe en pleine tempête qui célèbre son 60e anniversaire face aux vents de la discorde, du doute et de la défiance populaire.

Davantage d'Europe, une autre Europe ou contre l'Europe: des milliers de personnes manifestaient samedi à Rome dans différents cortèges.

"Nous sommes ici pour demander une Europe qui ne soit pas celle des banques et de la bureaucratie mais des droits des travailleurs et des étudiants", a expliqué à l'AFP Giovanni Zannier, 22 ans, étudiant en sciences internationales.

Au même moment, à Londres, des dizaines de milliers de partisans de l'UE ont défilé - au milieu d'une marée de drapeaux bleus européens - pour réclamer le maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union.

Brexit, mais aussi vagues migratoires, marasme économique, attentats jihadistes et repli identitaire: conçue à six pour reconstruire l'Europe après la Seconde Guerre mondiale, l'Union à 27 traverse la pire crise de son histoire.

"Rome doit marquer le début d'un nouveau chapitre" pour une "Europe unie à 27", selon M. Juncker.

Rythmes différents

"Aujourd'hui à Rome, nous renouvelons l'alliance unique de nations libres qui a été lancée il y a soixante ans par nos prédécesseurs", a rappelé de son côté M. Tusk.

Mais au-delà des voeux pieux, la "Déclaration de Rome" de samedi elle-même n'a pu échapper aux divisions qui opposent les Européens, notamment ceux de l'Ouest et de l'Est.

Ainsi, l'Europe à "plusieurs vitesses", le contentieux le plus disputé, est devenue dans la Déclaration de Rome une Europe à des "rythmes différents".

Les 27 s'engagent à "agir de concert, si nécessaire à des rythmes différents et avec une intensité différente, tout en avançant dans la même direction, comme nous l'avons fait par le passé, conformément aux traités et en laissant la porte ouverte à ceux qui souhaitent se joindre à nous plus tard".

Un paragraphe minutieusement rédigé pour tenter de rassurer la Pologne et les autres pays réticents, qui redoutent d'être exclus du "club" en raison de leur opposition récurrente aux projets de Bruxelles, en ce qui concerne par exemple les politiques migratoires.

"Une Europe à plusieurs vitesses ne signifie nullement qu'il n'y a pas une Europe commune à tous", a assuré la chancelière allemande Angela Merkel.

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