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25/03/2017 08:37 EDT

Deux Soldats d'Odin visitent la mosquée de Hull

Radio-Canada.ca

Deux membres des Soldats d'Odin Canada, affiliés au groupe anti-immigration finlandais du même nom, ont profité de la journée portes ouvertes au Centre islamique de l'Outaouais pour rencontrer l'Imam de la communauté. Une rencontre qui s'est déroulée sans soubresauts, mais qui peut être vue comme une façon de gagner la sympathie du public, selon une spécialiste des mouvements d'extrême droite.

Jamais Ahmed Limame n'aurait imaginé accueillir des membres du groupe Soldats d'Odin dans sa moquée de Hull. Il a toutefois reçu de leur part, samedi, une accolade et une poignée de main.

« C'est quelque chose d'inattendu, c'est l'élément le plus surprise dans la journée », a reconnu l'imam en riant.

Ces hommes sont venus rassurer les musulmans, leur expliquer qu'ils n'ont rien contre eux ni contre les réfugiés.

Ils soutiennent que, tout comme les musulmans, ils sont victimes de préjugés. Selon eux, c'est à tort que les Soldats d'Odin sont associés aux mouvements d'extrême droite.

Les deux membres du groupe ont précisé qu'ils font plutôt partie d'un groupe d'aide communautaire, qui vient notamment en aide aux femmes victimes de violence.

Une initiative appréciée

De son côté, M. Limame a apprécié l'initiative, estimant que le rapprochement entre les musulmans et le reste des Québécois doit se poursuivre.

« Il y a certainement des divergences quelconques, mais la finalité est la paix pour tout le monde, le respect pour tout le monde et la cohabitation pour tout le monde. » - Ahmed Limame, imam

Bénévole au Centre islamique, Eduardo Alves Dos Anjos abonde dans le même sens.

« On veut créer des ponts avec des gens qui ne sont pas convaincus, qui sont sceptiques de qui les musulmans sont. Donc, avoir ces gens-là parmi nous, c'est une richesse ajoutée à notre événement », a estimé M. Alves Dos Anjos.

Opération de relations publiques

Selon une sociologue spécialiste du racisme, Maryse Potvin, il y a toutefois lieu d'être prudent. La visite des Soldats d'Odin est peut-être une façon d'obtenir de la sympathie du grand public.

« Ils sont convaincus qu'ils défendent une identité au même titre que les minorités défendent leur identité et que c'est légitime de le faire. C'est la contradiction qui est propre au racisme, au populisme identitaire », a souligné Mme Potvin, sociologue et professeur au Département d'éducation et formations spécialisées de l'Université du Québec à Montréal.

D'après le reportage d'Estelle Côté-Sroka

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