POLITIQUE
25/03/2017 12:00 EDT | Actualisé 25/03/2017 12:02 EDT

Un organisme réclame d'adopter un protocole pour les cas de violence conjugale

Dans la foulée du drame à Mont-Saint-Hilaire, un organisme demande au gouvernement québécois d'adopter un protocole uniforme partout au Québec dans les cas de violence conjugale pour que les victimes soient redirigées immédiatement vers des intervenantes spécialisées.

Daphné Huard-Boudreault, âgée de 18 ans, est morte après avoir été retrouvée grièvement blessée dans sa résidence de Mont-Saint-Hilaire, plus tôt cette semaine. Son ex-ami de coeur, Anthony Pratte-Lops a été formellement accusé de meurtre prémédité, jeudi.

Le Bureau d'enquête indépendante (BEI) examinera le travail des agents de la Régie intermunicipale de police Richelieu/Saint-Laurent. Bien que plusieurs versions de l'histoire se contredisent, selon plusieurs témoins, la jeune femme aurait appelé la police avant que le drame se produise.

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale demande au gouvernement d'agir pour que dès qu'une plainte de violence conjugale survient, les policiers redirigent la personne vers des intervenantes spécialisées en la matière.

La présidente du regroupement, Sylvie Langlais, souligne que les victimes seraient ainsi en contact avec des experts qui côtoient quotidiennement de telles situations.

Mme Langlais rappelle que les policiers "ne peuvent pas comprendre toutes les subtilités" des problèmes de violence conjugale.

"Peut-être que si Daphné avait été en contact avec une intervenante, celle-ci aurait pu faire des recommandations, aurait pu sensibiliser Daphné à la dangerosité à laquelle elle pouvait faire face", a-t-elle expliqué en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

"L'intervenante, j'en suis convaincue, aurait dit à madame: soyez vigilante, attendez. Si vous allez chercher vos effets personnels, assurez-vous qu'il y ait deux policiers", a-t-elle ajouté.

Mais pour répondre à toutes les demandes, les regroupements auront besoin de plus de fonds. Mme Langlais appelle donc gouvernement à investir davantage dans la prévention.

La présidente déplore d'ailleurs le manque de formation des policiers sur cet enjeu, ils n'ont environ que six heures de formation à l'école de police, selon elle.

"Ce qu'on réclame aussi depuis des années auprès du ministre de la Sécurité publique, c'est qu'il y ait une mise à jour de la formation (...) On demande une formation continue", a-t-elle soutenu.

En 2014, les dernières données disponibles du ministère de la Sécurité publique, il y avait eu 11 cas d'homicides des suites de violence conjugale. Toutes les victimes étaient des femmes.

Pendant cette même année, le ministère avait recensé 30 tentatives de meurtre.

En général, la violence conjugale touche bien davantage les femmes, plus de 78% des victimes étaient des femmes en 2014.

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